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mardi 21 octobre 2014

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Bloody cocktail, de James M. Cain


Date: 20 août 2014
Collection: Suspense
Edition: L’Archipel
Genre: roman noir
Prix: 20,99 €

The cocktail waitress (2012) écrit en 1975

Présentation de l’éditeur

Hyattsville, Maryland, début des années 1960. Joan Medford, une jeune veuve soupçonnée d’avoir provoqué l’accident de voiture dans lequel a péri son mari violent et alcoolique, est obligée de trouver rapidement un travail pour obtenir la garde de son fils, placé chez sa belle-sœur qui la hait.

Grâce à l’aide d’un officier de police bienveillant, Joan devient serveuse dans un bar à cocktails de luxe, le Garden of Roses. Là, elle fait la connaissance de deux habitués, Earl K. White III, un vieil homme d’affaires richissime, et Tom Barclay, un jeune homme fougueux nourrissant des ambitions politiques. Entre les deux, son cœur ne balance pas. Pourtant, la jeune femme décide d’accepter la demande en mariage de White. Peut-on refuser quoi que ce soit à un homme qui vous laisse des pourboires de 50 000 dollars ?

Peu de temps après, ce dernier meurt empoisonné…

Avis de Marnie

Trois écrivains ont immortalisé le roman noir dans les années 30 et 40... Raymond Chandler, Dashiell Hammet, et James M. Cain. Trois livres de ce dernier ont donné de véritables chefs d’oeuvres du cinéma : Le facteur sonne toujours deux fois, Assurance sur la mort et Mildred Pierce. Aujourd’hui, ses romans sont étudiés à Harvard... il inventa le mythe de la femme fatale. C’est la raison pour laquelle, on ne peut être que passionné par cette oeuvre postume écrite (plusieurs versions remaniées par Charles Ardai pour n’en former qu’une) en 1975, deux ans avant sa mort.

Ce qui est fascinant, c’est que ce livre résume toutes les obsessions de cet écrivain, imprégnées de sexe et de mort. Écrit à la première personne par "la femme fatale" qui se présente comme une jeune femme de 21 ans, victime de circonstances et de coups du sort et qui vient se justifier devant nous. C’est donc sa version qu’elle nous propose... et nous pouvons bien évidemment en déduire de nous-mêmes ce qui pourrait bien s’être vraiment déroulé... ou pas.

Nous suivons cette jeune ingénue aux décisions pour le moins pragmatiques pour ne pas dire cyniques... mais une mère ne ferait pas tout pour récupérer son enfant ? Et oui, le roman n’est que paradoxes, décisions qui s’expliquent (ou se contredisent ?). Joan est cernée par des hommes de tous âges qui désirent cette "fausse" ingénue, amie avec certaines femmes, haïes par d’autres, un certain manque d’empathie pour les autres imprègne toutes ses décisions.

Monstre manipulateur ou ingénue aux faiblesses coupables, amoureuse ou mère avant tout... nous nous perdons dans ce portrait très riche de la femme, que ces multiples facettes rendent tout à fait fascinantes. C’est étonnant que ce portrait n’est absolument pas misogyne, l’auteur étant lui-même sous le charme de son personnage tellement charismatique qu’elle envahit tout le roman... le tout avec ce style âpre et glacial, où le sexe n’est pas montré alors qu’il tient la première place, qui popularisa le hard-boiled (roman noir où crimes et sexe ne font plus qu’un).

Il faut saluer d’une part, un postface tout à fait intéressant et qui nous éclaire sur la découverte de cette oeuvre posthume et de sa "réécriture", mais aussi un final que nous devinons nous-même horriblement glaçant. Justice divine ? ou nouveau coup du sort ?

Mots clés de l'auteur :

Cain James M.
   Bloody cocktail, de James M. Cain
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