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lundi 4 mai 2015

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Interview d’Emma Chase

BM : Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs français ? Nous savons seulement que vous êtes la « maman » de Drew ?!

EC : La créatrice de Drew ! Je suis Emma Chase, je suis l’auteure de la série Tangled ( ou Love Game en France) , je vis dans le New Jersey, j’ai deux enfants, je suis mariée et j’adore lire. Je pense que beaucoup d’écrivains sont de grands lecteurs aussi. Et j’adore cuisiner quand j’ai du temps. J’aime passer du temps avec mes enfants et mon mari !

BM : Etiez-vous déjà venue en France ?

EC : Non, c’est mon premier voyage en France et j’adore ça ! C’est extraordinaire et je prévois déjà de revenir pour faire d’autres choses que je n’ai pas eues le temps de faire cette fois. En plus le temps est formidable, on m’a dit que j’avais beaucoup de chance. J’adore les villes, je vis pas très loin de Manhattan, à, à peu près une heure de New York. Paris est une ville magnifique, ainsi que Lille où nous étions hier. Nous y avons passé un merveilleux moment. Juste après notre arrivée ici, nous avons fait une visite de la ville en bus avec les enfants. Ils ont 11 et 13 ans et c’était tellement bien pour eux.

BM : Passons à votre série, Love Game. Ce qui est original dans cette série, c’est que vous écrivez du point de vue d’un homme dans plusieurs romans. D’où vous est venue cette idée ?

EC : Quand j’ai commencé à écrire le premier livre au départ, il était rédigé à la troisième personne. C’était très aride et ça me paraissait lent, je voulais quelque chose de bien plus dynamique. Alors comme ça, juste pour essayer, j’ai réécrit des scènes du point de vue du héros. A ce moment-là, je ne savais pas trop si cela se faisait d’écrire du point de vue d’un homme ou pas mais je me suis tellement amusée à le faire et j’aimais tellement la voix de mes personnages que j’ai continué comme ça. Et ce qu’ils disaient, les conseils donnés aux lecteurs, correspondait tellement à la personnalité des personnages. C’était marrant d’apporter des informations que j’avais retenues en grandissant et de les faire dire par mes personnages.

BM : Avez-vous un conseiller spécial parce que vous savez comment un homme pense ?!

EC : Non ! Mon mari n’a même pas lu mon premier tome avant sa publication ! Ce n’est pas un grand lecteur et j’ai du le forcer ! Non, la raison est ailleurs ! Quand j’étais enfant, la plupart de mes amis étaient des garçons. Les meilleurs amis de mes parents avaient un fils de mon âge et nous avons grandi ensemble. Ce n’était pas comme un frère mais vraiment un ami. Plus tard, au lycée, mes amis étaient des garçons et ils parlaient très librement en ma présence et on parlait de tout. D’être juste autour d’eux comme ça, ça m’a permis de savoir ce qu’ils pensaient de certaines choses, des femmes. Ce n’était pas de merveilleux petits amis pour les filles mais de super copains ! Ils étaient très amusants, très sûrs d’eux. Drew n’est pas un d’entre eux mais une mosaïque de tous. Et pour le reste, ce matin encore, mon mari me disait, je ne sais même plus quelle conversation nous avions « tu es vraiment bizarre ! ». Je peux donc parler comme une fille normale. En fait ça a été très facile de glisser dans ces personnages, c’était comme une seconde langue.

BM : Vous faites entrer vos lecteurs dans la tête de Drew, j’ai sélectionné quelques adjectifs pour le qualifier ; dites-moi ce que vous en pensez ? Il est bourré de charme ?

EC : Oui, il en est bourré ! Il a du charme mais il n’est pas un séducteur visqueux, vous voyez ? Je pense qu’il adore les femmes, qu’il adore la vie aussi et que son honnêteté fait son charme.

BM : C’est un égoïste.

EC : Tout à fait ! Et vous savez, selon moi, beaucoup d’hommes ont cette sorte d’égoïsme en eux. Même les petits garçons parfois sont « moi, moi, moi » et pas de façon délibérée, c’est juste qu’ils ramènent tout à eux. Les femmes sont plus dans le don de soi, les femmes aiment faire plaisir et les hommes sont très heureux de les laisser faire plaisir ! Donc, oui, Drew est égoïste et il explique cela dans le livre, il est gâté pourri, mais c’est une caractéristique très généralement répandue que les lecteurs peuvent reconnaître.

BM : Il est irrésistible.

EC : Oui et j’adore ça, j’adore entendre les lecteurs me dire qu’ils ne veulent pas l’aimer mais qu’ils l’apprécient quand même. Et c’est vraiment amusant parce qu’une part de son charme, la raison pour laquelle il est si honnête, c’est qu’il est sûr qu’on l’aimera quand même, malgré tout. Vous pouvez l’aimer, lui pardonner quoi qu’il dise !

BM : C’est un provocateur.

EC : Tout à fait ! Il aime pousser le bouchon plus loin et il fait ça pour s’amuser. C’est comme un petit garçon trop gâté qui aime tirer les cheveux des filles.

BM : Il est insupportable.

EC : Parfois...Et par moment, c’est délibéré. Les personnages dans le livre doivent se planter, pour apprendre. Parfois mon agent lisait le livre et disait : "non, ne fais pas ça, ça me rend folle de lire ça !" Mais non, c’est bien, il faut qu’il te rende folle parfois. Et de plus, c’est pour ça que c’était bien de changer de voix dans la série, de passer de Drew, à Kate puis à Matthew, parce que même si les lecteurs adorent Drew, et j’adore Drew, ça aurait trop d’avoir seulement son point de vue.

BM : Pourriez-vous ajouter d’autres adjectifs ?

EC : Je pense qu’il est...honnête. Il est honnête et cash. Même si vous n’êtes pas d’accord avec ce qu’il dit, vous pouvez respecter son honnêteté. Il ne chercher pas à rouler qui que ce soit ou à la jouer à la sournoise. Il est juste ce qu’il est. J’aime ça, il y a de la noblesse dans ce type de comportement. Je pense aussi qu’il est fondamentalement gentil. Quand il marche sur les pieds des gens, quand il blesse quelqu’un, la plupart du temps ce n’est pas prémédité. Et évidemment, il est gâté pourri ! Je pense aussi qu’il est très féministe, très « pro-femme ». Quand vous lisez le livre, regardez qui il écoute : sa sœur et pas Matthew, sa mère et pas son père. Il les respecte. Il veut que sa nièce devienne une femme accomplie avec toutes les possibilités de réussite possible. Et je pense qu’il respecte parfaitement Kate pour son sens des affaires et son intelligence et que cela l’attire en dehors de toutes les autres choses qui peut l’attirer chez elle ! Il est donc très pro-femme malgré certaines choses qu’il peut dire ! Et puis, n’oublions pas son humour ! Il est très amusant. Il a une forme d’humour à froid. Mon mari est comme ça ! Il est très sarcastique

BM : Kate est extraordinaire elle aussi et il fallait une héroïne de cette trempe pour faire face à Drew. Ils étaient faits l’un pour l’autre ?

EC : Oui je pense qu’elle est parfaite pour lui. Je ne pense pas qu’il pourrait aimer et respecter quelqu’un de faible. J’adore qu’elle soit aussi vulnérable intérieurement et qu’elle affiche un extérieur aussi solide. Encore une fois, je pense que les femmes font ça très souvent. Vous savez, elles avancent, elles continuent et font ce qu’elles doivent faire même si cela leur fait du mal ou si ça les bouleverse. J’aime que ce soit une héroïne forte.

BM : En fait elle est vulnérable mais jamais faible ?

EC : Voilà, c’est exactement comme cela que je la décrirais. Et vous savez, elle peut très bien s’assumer seule, elle a ses propres objectifs, elle sait ce qu’elle veut faire de sa vie. Ce sont deux partenaires, à égalité.

BM : La série est très drôle aussi. Est-ce important qu’une romance soit aussi amusante ?

EC : Je crois, oui. J’ai beaucoup lu de romances historiques quand j’étais adolescente. Et beaucoup de ces romances sont rigolotes. J’aime les livres qui me font pleurer mais les livres qui me restent à l’esprit, ceux auxquels je pense quand je cuisine, que je fais le ménage ou quand je jardine, ce sont ceux-là et je souris toute seule ! Et dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui où il y a tellement de choses stressantes, c’est important de pouvoir s’échapper et d’avoir un livre qui vous fait rire. C’est important pour moi et même si les personnages ont de sérieux problèmes, l’humour vient les aider.

BM : Quels sont vos livres préférés ?

EC : J’aime beaucoup Les Hauts des Hurlevents, Judith Garwood, et Christina et Lauren, j’adore ce qu’elles font ! C’est très sexy, mais aussi léger et amusant.

BM : Votre série est très sexy également.

EC : Merci !

BM : Et c’est important les scènes sexy dans une romance ? C’est nécessaire ?

EC : oui, je pense. Même si vous choisissez de ne pas être explicite dans une romance, les lecteurs doivent sentir la passion, que l’amour peut tout gagner. C’est important de voir nos personnages oser des choses qu’on ne ferait pas, c’est la partie fantasme d’un livre. Les personnages doivent être réalistes, cohérents, pas trop parfaits, mais en même temps, vous lisez parce que vous voulez du fantasme, de l’aventure. Oui je pense que c’est important et c’était sans doute le plus gros défi à relever en écrivant du point de vue d’un homme. Je pense que les hommes sont très directs, plus graphiques aussi. Ce n’est pas le genre à parler de « l’épée d’amour », vous voyez ! Donc je voulais conserver la voix d’un homme mais que cela soit tout de même sensuel. Ca a été délicat ! Mais je suis très satisfaite du résultat. Je pense que c’est l’humour, y compris dans ces scènes qui permettent d’emporter le lecteur.

BM : Une autre grande idée dans votre série, je pense est que vous distillez des petits morceaux de sagesse, des conseils donnés par vos personnages. D’où vous sont venues ces idées ?

EC : Je pense que pour beaucoup d’entre elles, elles sont inhérentes à la série parce que la plupart des personnages ont une grande confiance en eux et ce genre de personnes aiment conseiller les autres. Et j’aimais beaucoup faire cela parce que je pense que ca fait entrer le lecteur dans le roman et cela établit une connexion entre les personnages et les lecteurs. J’aime beaucoup le faire même dans ma nouvelle série. Par exemple, un des personnages dit que lorsqu’il était enfant il se réveillait à l’aube et que ces parents le renvoyaient au lit, il prend le lecteur à témoin et tout le monde comprend bien de quoi il retourne ! Et puis, j’ai eu des garçons comme copains quand j’étais petite, j’ai un fils et une fille et je pense qu’un ami, un garçon est merveilleux et je voulais que Drew soit cet ami pour les lecteurs. Je pense que je ferai ça dans tous mes livres ! En plus ce n’est pas quelque chose que je décide à l’avance, ça me vient en écrivant. Encore un exemple, dans ma nouvelle série, le personnage principal dit qu’il ne crie jamais, que l’onc rie seulement quand on est désespéré, que l’on n’a plus aucun argument et bien c’est encore quelque chose que je trouve profondément vrai.

BM : La liaison entre Kate et Drew commence au travail. Que pensez-vous de cela ?

EC : Si l’on se fie aux statistiques énormément de liaisons, d’histoires d’amour commencent sur le lieu de travail ! C’est normal, ca peut commencer à l’école mais une fois que l’on est diplômé c’est le lieu de travail. On a alors forcément beaucoup en commun quand on travaille dans le même domaine. Je pense que ca peut marcher pour certains couples et pour d’autres, ca finit par des envies de meurtre ! Ca dépend ! Mon mari et moi sommes très différents. C’est un cadre dans une entreprise, il est très tourné vers tout le monde des affaires, je suis plus artiste, créative. Nous n’avons jamais travaillé ensemble et nous ne pourrions jamais le faire ! Nous sommes complémentaires ce qui est très bien dans un mariage, mais beaucoup moins pour travailler ensemble. Pour mes personnages, je trouve ça intéressant qu’ils aient ce terrain commun au travail.

BM : Est-ce que l’histoire de Kate et Drew est définitivement terminée ?

EM : Vous savez, le quatrième livre de la série est le dernier où ils sont les personnages principaux mais j’aimerais continuer sous une autre forme. J’aime tellement les autres personnages. J’aimerais faire peut-être un prequel pour Steven et Alexandra. Ils seraient encore au lycée, ça serait très amusant ! Et j’aimerais aussi faire un autre livre sur MacKenzie et quelque chose sur James, le fils de Drew, sur une nouvelle génération mais je pense que cela serait bien d’attendre un peu parce que pour le moments McKenzie et James sont tout petits. Je voudrais revenir dans ce monde et Drew et Kate seraient présents, évidemment.

BM : Mais Drew est aussi présent dans votre prochaine série...

EC : oui, il est dans le premier tome, je trouve que c’est amusant ces petites apparitions pour les lecteurs. En plus on peut voir les changements puisqu’il est alors plus jeune.

BM : Que pouvez-vous nous dire à propos de votre nouvelle série, Legal Briefs ?

EC : C’est une trilogie. Elle est centrée sur la vie et les amours de trois avocats de Washington. Chaque livre peut être lu seul, chaque livre est consacré à couple différent. Le premier livre est sur Stanton, il vient du Mississipi. C’est différent, puisque l’histoire se déroule dans une petite ville, la ville natale de Stanton. C’était un vrai défi à relever d’écrire une nouvelle série après Love Game. Drew prend tellement de place ! C’est pour cela que j’ai pensé qu’il fallait faire quelque chose de différent, dans un autre contexte. C’est l’histoire de Stanton donc, un avocat et son amour de jeunesse qui est sur le point de se marier et il n’est pas du tout content de cela donc il rentre à la maison pour gérer la situation et toutes sortes de choses folles arrivent alors . L’autre roman porte sur Jack qui est son collègue et son colocataire. Il va rencontrer une jeune femme qui est la tutrice de ses neveu et nièce. C’est une histoire légère et amusante et beaucoup de traits de mes enfants se retrouvent dans ce livre ! Et le troisième livre porte sur Brad, un autre avocat qui vient d’une riche famille. Je suis très excitée de voir cette dernière série sortir et je pense que c’est différent que ça me permet d’aller plus en profondeur parfois, surtout émotionnellement. Je ne voulais pas refaire la même chose surtout. Oui, parce que j’adore vraiment la série Love game mais les lecteurs ne sont pas idiots, ils ne veulent pas lire l’histoire d’un autre Drew dans un nouvel habillage. Je voulais quelque chose de différent mais avec cette idée d’apporter du plaisir aux lecteurs.

BM : Est-ce que vous avez d’autres projets en dehors de cette série ?

EC : Je ne peux pas encore en parler, j’ai des idées en tête. Je voudrais donc revenir dans le monde de Love Game mais j’ai aussi une autre projet qui serait peut-être plus dramatique, plus sombre. Parce que j’aime beaucoup ce qui est amusant mais j’aime aussi visiter d’autres thèmes. Je travaille sur ce projet entre d’autres romans et je publierai cela peut-être sous un autre nom pour ne pas déstabiliser les lecteurs.

BM : Et Love Game pourrait-il devenir un film ?

EC : J’adorerais cela ! J’imagine Drew sur un canapé avec une voix off...J’adorerais vraiment, le livre, je pense est très visuel. Je pense que cela pourrait être adapté très facilement. Je pense même à une série télé, une sorte de sex and the city mais avec une vision d’homme. Nous travaillons sur cette idée, les agents font leur boulot...

BM : Et qui pourrait incarner Drew ?

EC : C’est la personnalité de l’acteur qui serait décisive. Il faudrait quelqu’un avec du caractère, qu’on pourrait pardonner… Je change d’avis tout le temps sur l’acteur.. Mais j’adorerais Bradley Cooper, il serait très bien sauf que j’imagine souvent des acteurs qui ont à peu près mon âge mais Drew n’a que 28 ans ! Mais sa personnalité serait le plus important !

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