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mercredi 14 octobre 2015

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Les lieux communs de la romance - Episode 3

Parmi les clichés dont je ne comprends pas bien l’origine, il y a... la voiture du héros. Que dis-je ? Les voitures... En général, il est très riche, il a donc de nombreuses voitures de luxe, qu’il ne conduit que rarement puisqu’il a aussi la voiture avec chauffeur (très pratique pour LA scène érotique de galipettes en limousine), mais il a aussi des motos (waouh ! milliardaire et bad boy, le top !), un yatch, un jet privé et des tas d’autres trucs... Si vous écrivez de la science fiction, il pourrait aussi avoir son garage de navettes spatiales.

Donc, la voiture est souvent ce qui permet de rapidement situer la richesse du héros. À mon avis, c’est largement inutile, car lorsqu’on vous dit que monsieur est très riche, qu’il dirige une multinationale avec 50 000 employés et qu’il a des appartements aux quatre coins du globe, insister sur le fait qu’il ne roule pas au volant d’une Clio d’occasion de 2006 ferait presque penser que l’on prend la lectrice de romance pour une gourde...

...et pire, pour une femme vénale. Car finalement, pourquoi tellement insister sur la valeur de la voiture en question, multiplier les Audi, Mercedes, Lexus et autres... sinon pour souligner que c’est tout de même un sacré argument de séduction ? Comme si, finalement, les femmes étaient très sensibles à la voiture conduite par monsieur. Hum... un peu dérangeant comme idée, car ne proteste-t-on pas avec insistance en disant que non, un mec qui conduit une grosse voiture, ça n’a aucune importance et que l’idée du « piège à gonzesses » est un fantasme de mec, justement ? Dérangeant, je vous dis. Mais j’entends déjà des voix qui s’élèvent et qui disent que beaucoup de femmes sont fascinées par les voitures et, d’ailleurs, quelques héroïnes le prouvent amplement en étant mécano ou elles-mêmes conductrices d’une bagnole cool.

Et puis, évidemment, il y a le héros pas forcément riche, mais qui conduit une voiture mythique : une Mustang 1969 fabriquée en trois exemplaires dont deux ont été perdus (et que le héros a retapée lui-même avec les sous gagnés en tondant la pelouse de la voisine... trop mimi !) ou la Porsche modèle 1955 de James Dean, ça marche aussi. Nous entrons alors dans la catégorie dite en anglais « boys&their toys », c’est-à-dire les joujoux de mec. Et parfois, ça fonctionne, il faut le reconnaître. Prenons Kellan, le héros plus que réussi de SC Stephens. Il adore sa voiture et ses liens étroits avec la dite voiture deviennent un gag récurrent dans le livre et une sacrée preuve d’amour quand il laisse Keira la conduire ! Comme quoi, une fois de plus, un cliché dépassé peut devenir une vraie trouvaille.

Mais quand l’auteure cherche visiblement sur Internet quelle voiture son héros va bien pouvoir conduire, histoire de placer cela dans la romance et que l’héroïne batte des cils en disant « oh lala, c’est ta voiture ? Trop bien ! », quel intérêt ? En écrivant ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce que cela sous-entend pour le pauvre héros. Parce que finalement, qu’est-ce que cette GROSSE voiture qui impressionne tant l’héroïne, mais également les concurrents en amour ou en affaires de notre personnage masculin ??? Ai-je besoin de l’écrire ? Votre héros est riche, il a donc forcément des bolides dans son garage. Étaler cette richesse est vulgaire, l’afficher aussi ouvertement nous fait douter de la virilité réelle du héros !

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