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mardi 23 février 2016

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Extrait exclusif de Capture-moi de Anna Zaires, le premier tome de sa nouvelle trilogie.

CHAPITRE TROIS

YULIA

Il entre dans mon appartement dès que la porte s’ouvre. Ni hésitation ni salutation, il se contente d’entrer.

Prise au dépourvu, je recule d’un pas, tout à coup l’entrée me semble si petite qu’elle en est oppressante. J’avais oublié à quel point il est grand, à quel point ses épaules sont larges. Je suis grande pour une femme, du moins suffisamment pour passer pour un mannequin si un contrat le demande, mais il me domine d’une tête. Avec le gros anorak qu’il porte, il prend presque toute la place dans l’entrée.

Toujours sans dire un mot il ferme la porte derrière lui et s’avance vers moi. Instinctivement, je recule, j’ai l’impression d’être une proie traquée.

― Bonsoir, Yulia, murmure-t-il en s’arrêtant quand nous arrivons dans la pièce principale. Son regard pâle fixe mon visage. Je ne m’attendais pas à vous voir comme ça.

J’avale ma salive, mon pouls s’accélère.

― Je viens juste de prendre un bain. Je veux paraitre calme et sûre de moi, mais il me déconcerte complètement. Je n’attendais personne.

― Effectivement, je m’en rends compte. Un léger sourire apparaît sur ses lèvres et en adoucit la dureté. Et pourtant vous m’avez laissé entrer. Pourquoi ?

― Parce que je ne voulais pas continuer à parler avec la porte fermée. Je respire pour retrouver mon calme. Puis-je vous offrir du thé ? C’est idiot de dire ça étant donnée la raison de sa présence ici, mais j’ai besoin de quelques instants pour reprendre une certaine contenance.

Il hausse les sourcils.

― Du thé ? Non merci.

― Alors voulez-vous me donner votre veste ? Je n’arrive pas à cesser de jouer la carte de l’hospitalité, la courtoisie me permet de cacher mon anxiété. Elle semble très chaude.

Ses yeux glacials ont un éclair d’amusement.

― Bien sûr. Il enlève son anorak et me le tend. Il n’a plus qu’un pull noir et un jean sombre glissé dans des bottes d’hiver noires. Son jean est moulant et révèle des cuisses musclées et des mollets puissants, et à sa ceinture je vois un revolver dans son étui.

En le voyant, ma respiration s’affole et je dois faire un véritable effort pour empêcher mes mains de trembler en prenant sa veste pour la mettre dans ma minuscule penderie. Il n’est pas surprenant qu’il soit armé, c’est le contraire qui le serait, mais son arme me rappelle brutalement qui est Lucas Kent.

Ce qu’il fait.

J’essaie de me dire que ce n’est pas grave pour calmer mes nerfs à vif. J’ai l’habitude des hommes dangereux. J’ai été élevée parmi eux. Cet homme est comme eux. Je coucherai avec lui, j’obtiendrai les informations que je pourrai et puis il disparaîtra de ma vie.

Voilà, c’est ça. Plus vite, ça sera fait, plus vite ça sera fini.

En fermant la porte de la penderie, j’affiche un sourire d’emprunt et me retourne pour lui faire face, enfin prête pour jouer le rôle de la séductrice sûre d’elle.

Sauf qu’il est déjà près de moi, il a traversé la pièce sans un bruit.

De nouveau, mon pouls s’affole, la contenance que je viens de retrouver me fait défaut une fois de plus. Il est si près que je peux voir les stries grises de ses yeux bleu pâle, si près qu’il peut me toucher.

Et une seconde plus tard, il me touche.

En levant la main, il caresse ma joue.

Je le fixe, la réaction de mon propre corps me trouble. Ma peau s’embrase, mes tétons se durcissent, ma respiration s’accélère. Il n’est pas logique de désirer cet inconnu dur et impitoyable. Son patron est plus beau que lui, plus frappant, et pourtant, c’est Kent qui provoque mon désir. Et il n’a encore touché que mon visage. Ce devrait être sans importance et pourtant c’est intime.

Intime et très déconcertant.

De nouveau, j’avale ma salive.

― M. Kent, Lucas, vous êtes sûr que je ne peux pas vous offrir quelque chose à boire ? Peut-être, un café ou… ma phrase s’interrompt et la surprise me faire perdre le souffle, quand il attrape la ceinture de mon peignoir et tire dessus, aussi nonchalamment que s’il ouvrait un paquet.

― Non. Il regarde tomber le peignoir qui révèle mon corps nu. Pas de café.

Et alors il me touche pour de bon, sa grande main dure prend l’un de mes seins. Ses doigts encore refroidis par la température extérieure sont calleux et rugueux. Son pouce donne une chiquenaude à mon téton raidi et je sens un aiguillon de plaisir remonter du plus profond de mon corps, un désir lové qui me semble aussi étrange que ses caresses.

En luttant contre le désir de m’y dérober, je me mouille les lèvres, elles sont sèches.

― Vous n’y allez pas par quatre chemins, n’est-ce pas ?

― Je n’ai pas le temps de jouer. Ses yeux brillent tandis qu’il donne une seconde chiquenaude à mon téton. Nous savons tous les deux pourquoi je suis ici.

― Pour coucher avec moi.

― Oui. Il ne prend pas la peine de dorer la pilule et me donne brutalement la vérité telle quelle. Il n’a pas lâché mon sein et touche ma chair nue comme s’il en avait le droit. Pour coucher avec vous.

― Et si je refuse ? J’ignore pourquoi je pose cette question. Ce n’est pas comme ça que c’est censé se passer. Je devrais le séduire, pas essayer de le faire changer d’avis. Et pourtant quelque chose chez moi se rebelle à l’idée qu’il puisse penser aussi simplement que je serai à lui s’il veut me prendre. D’autres hommes ont fait la même assomption et cela ne m’a jamais autant gênée. Je ne sais pas ce qu’il y a de différent cette fois-ci, mais je veux qu’il s’écarte de moi, qu’il arrête de me toucher. Je le veux tellement que mes poings se ferment de part et d’autre de mon corps et que mes muscles se tendent avec le désir de me battre.

― Vous refusez ? Il pose calmement la question, son pouce tourne maintenant autour de mon auréole. Alors que je cherche que répondre, il glisse l’autre main dans mes cheveux et la pose sur ma nuque d’un geste de propriétaire.

Je le fixe en ayant du mal à retrouver mon souffle.

― Et si c’était le cas ? Je suis révoltée au timbre de ma voix, elle est fluette et terrifiée. C’est comme si j’étais de nouveau vierge, quand mon entraîneur m’avait poursuivie au vestiaire. Vous partiriez ?

La commissure de ses lèvres se relève dans un demi-sourire.

― Qu’en pensez-vous ? Ses doigts agrippent mes cheveux, juste assez fort pour me faire presque mal. Son autre main, sur mon sein, est toujours douce, mais ça n’a pas d’importance.

J’ai la réponse à ma question.

Si bien que lorsque sa main quitte mon sein et glisse le long de mon ventre je ne résiste pas. Au contraire, j’écarte les jambes et je le laisse toucher mon pubis tout doux qui vient d’être épilé à la cire. Et quand son doigt dur entre sans vergogne en moi, je n’essaie pas de me dérober. Je reste simplement immobile et j’essaie de contrôler ma respiration qui s’est emballée, de me convaincre que ce qui se passe est identique à tous mes autres contrats.

Mais ce n’est pas vrai.

Je voudrais que ça le soit, mais ça ne l’est pas.

― Tu es mouillée, murmure-t-il en me fixant tout en enfonçant encore plus le doigt. Très mouillée. Tu es toujours aussi mouillée avec les hommes dont tu n’as pas envie ?

― Qu’est-ce qui vous fait croire que je n’ai pas envie de vous ? Avec soulagement, je constate que ma voix est maintenant plus assurée. Je l’ai interrogée d’une voix douce, presque amusée. Je vous ai laissé entrer, non ? ― C’est avec lui que tu as flirté. La mâchoire de Lucas se crispe et sa main se déplace sur ma nuque pour m’attraper une poignée de cheveux. C’est de lui que tu avais envie tout à l’heure.

― Effectivement. Cette preuve de jalousie typiquement masculine me rassure en me ramenant sur un terrain plus familier. Je parviens à adoucir le ton de ma voix et à le rendre plus séducteur. Et maintenant, c’est de vous que j’ai envie. Est-ce que ça vous gêne ?

Kent plisse les yeux.

― Non. Il introduit de force un second doigt en moi tout en appuyant sur mon clitoris avec le pouce. Pas du tout.

Je voudrais dire quelque chose d’astucieux, trouver une bonne répartie, mais je n’y arrive pas. Le plaisir surgit brusquement et violemment. Mes muscles intimes se contractent et se resserrent sous l’irruption de ses doigts et je ne parviens qu’à m’empêcher de gémir de plaisir. Sans le vouloir, mes mains remontent et attrapent son avant-bras. Je ne sais pas si j’essaie de le repousser ou de lui demander de continuer, mais cela n’a pas d’importance. Sous la laine douce de son pull, je sens les muscles d’acier de son bras ; je ne peux contrôler ses gestes, je ne peux que le tenir tandis qu’il s’enfonce plus profondément en moi avec ses doigts durs et impitoyables.

― Tu aimes ça, non ? murmure-t-il en soutenant mon regard, et j’en perds le souffle quand il commence à me caresser le clitoris de droite à gauche puis de haut en bas. Ses doigts se replient et je réprime un gémissement quand il touche un endroit qui me procure une sensation encore plus vive par l’intermédiaire de mes terminaisons nerveuses. La tension commence à monter en moi, le plaisir s’accumule et s’intensifie et je suis choquée de m’apercevoir que je suis au bord de l’orgasme.

Mon corps qui d’habitude est lent à réagir vibre d’un désir douloureux sous les caresses de cet homme qui me fait peur, une situation nouvelle qui me surprend tout en me déstabilisant.

J’ignore s’il le lit sur mon visage ou s’il sent les contractions de mon corps, cependant ses pupilles se dilatent et ses yeux pâles s’assombrissent.

― Oui, voilà ! murmure-t-il d’une voix rauque. Tu vas jouir pour moi, ma belle… et son pouce appuie encore plus fort sur mon clitoris. Exactement comme ça !

Et effectivement, ça y est, je jouis. En réprimant un gémissement, je jouis sous ses caresses tandis que ses ongles courts et ébréchés s’enfoncent dans ma chair agitée de secousses. Ma vision s’obscurcit, ma peau brûlante se hérisse, le plaisir déferle sur moi et je m’effondre dans ses bras, seuls sa main dans mes cheveux et ses doigts enfoncés en moi m’empêchent de tomber.

― Et voilà, marmonne-t-il, et en retrouvant la vision je vois qu’il me regarde attentivement. C’était bon, n’est-ce pas ?

Je ne parviens même pas à lui répondre d’un signe, mais il ne semble pas avoir besoin d’une confirmation de toute manière. Et pourquoi en aurait-il besoin ? Je sens à quel point je suis glissante et mouillée autour de ses rudes doigts d’homme, des doigts qu’il retire lentement sans quitter mon visage des yeux. Je voudrais fermer les miens ou du moins les détourner de son regard pénétrant, mais je n’y arrive pas. Sinon il saurait à quel point il me fait peur.

Alors au lieu de me dérober je l’examine à mon tour et je vois l’excitation monter sur son visage viril. Il serre les mâchoires en me fixant, un muscle presque imperceptible vibre près de son oreille droite. Et malgré son bronzage, je peux voir rougir ses pommettes.

Il a terriblement envie de moi, et le savoir m’enhardit et me pousse à agir.

En baissant la main, je la pose sur son jean, entre ses jambes, là où il y a une bosse bien dure.

― Oui, c‘était bon, je murmure en levant les yeux sur lui. Et maintenant, c’est ton tour.

Ses pupilles se dilatent encore davantage, sa poitrine se gonfle, il respire profondément.

― Oui ! Sa voix est rauque de désir et la main qui empoigne mes cheveux me rapproche encore plus de lui. Oui, c’est vrai. Et avant de me donner le temps de changer d’avis après l’avoir ainsi provoqué, il baisse la tête, me prend la bouche et m’embrasse.

J’en perds le souffle, la surprise m’ouvre les lèvres et il prend immédiatement l’avantage en m’embrassant plus profondément. Sa bouche qui semble si dure est étonnamment douce sur la mienne, ses lèvres sont chaudes et lisses tandis que sa langue avide m’explore la bouche. C’est un baiser habile et sûr de lui, le baiser d’un homme qui sait comment donner du plaisir à une femme, comment la séduire rien qu’en la caressant des lèvres.

Mon ardeur reprend de plus belle et s’intensifie, la tension me reprend de nouveau. Il me tient si près de lui que mes seins nus s’appuient sur son pull, la laine se frotte contre mes tétons raidis. Je sens sa verge en érection à travers le tissu rugueux de son jean qui appuie sur le bas de mon ventre et qui me révèle à quel point il a envie de moi, à quel point l’impression de contrôle qu’il veut me donner est superficielle. Je m’aperçois vaguement que mon peignoir a glissé de mes épaules me laissant complètement nue et puis j’oublie tout quand il émet un son rauque et guttural venu du plus profond de sa gorge et qu’il me pousse contre le mur.

La surprise de sentir le froid du mur dans mon dos me fait un instant reprendre mes esprits, mais il a déjà ouvert la fermeture éclair de son jean et avancé le genou entre mes jambes pour les écarter tout en relevant la tête pour me regarder. J’entends une pochette d’aluminium qui se déchire puis il pose les mains sur mon derrière et me soulève du sol. Instinctivement, je l’attrape par les épaules, les battements de mon cœur s’accélèrent quand il m’ordonne d’une voix rauque

― Mets les jambes autour de moi ! Puis il m’abaisse sur sa verge en érection sans jamais me quitter du regard.

Il pousse fort et loin et me pénètre jusqu’au fond. C’est tellement fort que j’en perds le souffle, l’invasion est tellement brutale, tellement intransigeante. Mes muscles intimes se contractent autour de lui, essayant en vain de le repousser. Sa verge est proportionnelle au reste de son corps, si longue et si grosse qu’elle m’étire au point de me faire mal. Si je n’avais pas été si mouillée, il m’aurait déchirée. Mais je suis excitée et après quelques instants mon corps commence à s’adoucir et à s’ajuster à sa taille. Inconsciemment, je relève les jambes, j’attrape ses hanches comme il me l’a ordonné et cette nouvelle position lui permet de me pénétrer encore plus profondément, une sensation si violente qu’elle me fait crier.

Alors il commence à bouger tout en me fixant de ses yeux qui se mettent à briller. Chaque coup est aussi fort que le premier et pourtant mon corps ne tente plus de leur résister. Au contraire, il se lubrifie encore davantage ce qui facilite sa pénétration. Chaque fois qu’il s’enfonce en moi, son entrejambe heurte mon sexe et il appuie sur mon clitoris et la tension augmente au plus profond de mon corps, chaque seconde elle est encore plus forte. J’ai la stupéfaction de m’apercevoir que je vais jouir pour la deuxième fois… et alors c’est l’orgasme, la tension escalade jusqu’à l’explosion, j’en perds la tête et mes terminaisons nerveuses sont électrifiées.

Je ressens tout, mes propres vibrations, mes muscles se contractant et se relâchant autour de sa verge, puis je vois ses yeux devenir vagues et il s’immobilise. Un cri rauque et sourd lui échappe quand il donne un dernier coup de reins, je sais qu’il vient de jouir à son tour, mon orgasme l’a amené au point de non-retour.

En haletant, je le fixe et je vois ses yeux bleu pâle retrouver la vue. Il est toujours en moi et brusquement cette intimité m’est insupportable. Il ne m’est rien, c’est un inconnu, et pourtant il m’a baisée.

Il m’a baisée et je l’ai laissé faire parce que c’est mon travail.

En avalant ma salive, je repousse sa poitrine et je dénoue mes jambes.

― S’il te plaît, laisse-moi par terre. Je sais que je devrais lui dire des mots doux, le flatter, lui dire à quel point c’était merveilleux et qu’il m’a donné le plus grand plaisir de ma vie. Ce ne serait même pas un mensonge, je n’ai jamais joui deux fois de suite comme ça. Mais je n’y arrive pas. Je me sens trop exposée, trop envahie.

Avec cet homme, je ne contrôle plus la situation, et le savoir me fait peur.

Je ne sais pas s’il s’en rend compte ou s’il veut seulement jouer avec moi, mais un sourire sardonique apparaît sur ses lèvres.

― Ce n’est plus le moment d’avoir des regrets, ma belle, murmure-t-il, et avant de me donner le temps de répondre il me repose et me lâche les fesses. Sa verge ramollie glisse de mon corps et il recule tandis que je le regarde, la respiration toujours entrecoupée, il enlève nonchalamment le préservatif et le laisse tomber sur le sol.

Sans trop savoir pourquoi, le voir faire ça me fait rougir. Il y a quelque chose de tellement sale dans ce préservatif qui est là. C’est peut-être parce que je me sens comme lui : utilisée, puis jetée. En voyant mon peignoir sur le sol, je tends le bras pour l’attraper, mais la main de Lucas arrête mon geste.

― Que fais-tu ? demande-t-il en me fixant. Il ne semble pas le moins du monde gêné que son jean soit toujours ouvert avec sa verge qui en sort. Nous n’avons pas encore terminé.

Mon cœur tressaute.

― Ah bon ?

― Non, dit-il en se rapprochant. Et je suis choquée de le sentir durcir contre mon ventre. Loin de là. Et en me serrant par le bras, il m’entraîne vers le lit.

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