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jeudi 12 mars 2015

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Dans les bras de l’héritière - L’agence de Madame Eversong - 1 de Maggie Robinson


Date:4 février 2015
Collection: A&P
Edition:J’ai Lu
Genre: romance historique
Prix: 7,40 €

In the arms of the heiress - Ladies Unlaced - 1

Résumé de l’éditeur

Depuis un an, Louisa Stratton sillonne l’Europe au volant de sa voiture. Pour jouir d’une telle liberté, la jeune héritière a dû écrire à sa famille qu’elle s’était mariée. Sauf que maintenant elle doit revenir en Angleterre au bras de Maximilian, l’époux parfait... qui n’existe pas. Heureusement, l’agence Evensong va lui en fournir un : le capitaine Charles Cooper, ex-officier de la guerre des Boers. Louisa déchante en faisant sa connaissance. Comment cet individu imbibé de gin pourrait-il incarner le très aristocratique Maximilian ? Elle ignore que Charles a bien des talents cachés et qu’à Rosemont, le domaine où règne sa terrible tante, il sera son seul rempart contre un terrible complot...

Avis de Callixta

Attention aux nombreuses mentions qui figurent sur la couverture de ce roman qui le compare à Downton Abbey. Il y a bien un petit air de ressemblance mais nous sommes avant tout dans une romance, loin d’être parfaite mais qui fonctionne très bien.

Louisa est une jeune héritière qui a passé un an loin de sa propriété et de son Angleterre natale. Pour échapper au qu’en dira-t-on, Louisa s’est inventé un mari qui lui sert de chaperon. Mais voilà, elle doit rentrer dans son pays et doit supprimer très vite son époux ou alors le rendre bien réel. Elle choisit la seconde solution, plus pratique et sollicite l’aide d’une jeune femme dont nous devrions entendre de nouveau parler dans l’avenir de cette saga. Le capitaine Charles Cooper fera l’affaire. Cet ancien militaire, blessé grièvement dans la guerre des Boers en Afrique du sud a perdu un œil et souffre de syndrome post-traumatique. Cet argent vite gagné est une aubaine.

Voilà Louisa et Charles alias Maximilian, le mari né de son imagination dans le domaine de la jeune femme. Mais elle n’y est pas forcément accueillie comme on pourrait s’y attendre. L’auteure, habilement, a caché le véritable enjeu du retour de Louisa et le séjour d’un mois des deux jeunes gens s’avèrent bien plus compliqué que prévu.

Nous sommes effectivement en pleine période édouardienne en 1903, dans une grande propriété anglaise et l’auteure contextualise très bien son récit ; les voitures sont là, les trains sont rapides, les commodités se développent, l’a liberté des femmes aussi. Les rapports sociaux évoluent aussi et Louisa a de très bonnes relations avec sa femme de chambre qui joue, avec son fiancé, le chauffeur de la demeure, un rôle dans sa propre histoire. C’est très plaisant, rappelle en effet la célèbre série britannique et change de la sempiternelle romance Régence. Mais la comparaison s’arrête là.

Quant à la romance et à l’histoire, il faut adhérer au style de cette auteure un peu fantasque qui préfère toujours une blague à la romance ; c’est un ton qui change et fonctionne très bien, une fois que l’on a compris que les héros sont toujours pragmatiques, imprévisibles et pas forcément romantiques. Il en est de même pour l’intrigue qui est assez surprenante.

Ce roman se lit très facilement plein de joie et de la décontraction de cette belle Epoque, période encore mal connue et peu exploitée de la romance. Maggie Robinson a eu une bonne idée d’utiliser ce contexte et l’a fait avec talent.

Avis de Terry

Enfin une romance qui ne soit ni victorienne ni écossaise. Elles sont rares et plus encore sur le tout début du vingtième siècle. L’héroïne est une jeune fille de « bonne famille », sa mère était américaine mais son père faisait partie de la bonne société. Elevée par une tante sévère qui ne comprend pas son désir d’indépendance (à plus de 25 ans), et son caractère un peu fantasque, Louisa s’enfuit et vit la belle vie loin de la demeure familiale. Mais voilà, elle est obligée de revenir au pays car il y a des malversations sur ses comptes. Or la demoiselle qui est imaginative, s’est inventé un mari pour que sa tante la laisse en paix ! Elle en trouve un grâce à une agence de placement. Le capitaine Cooper, un ancien militaire traumatisé par la guerre, ivrogne et sans le sou accepte de jouer le rôle du mari parfait que Louisa a imaginé, moyennant finance.

Evidemment les choses ne se passent pas comme prévues : la tante veut acheter le départ du faux vrai mari, le capitaine Cooper fait des impairs, quelqu’un cherche des ennuis au jeune « couple », et surtout Louisa est une femme libérée. Une femme qui désire l’homme qui est dans son lit, et ne demande même pas de grands serments. Une femme pleine de vie et éprise de liberté. A cette époque ou Freud officie, ce genre de femmes qui n’entrent pas dans le moule de l’épouse obéissante ou de la cocotte amusante, dérangent. Elles sont atteintes de mélancolie si elles sont tristes, elles ont leurs « humeurs », ou sont « hystériques » quand elles n’en peuvent plus ne pas pouvoir s’exprimer. L’auteure place judicieusement ses références et les noms des personnalités dans son histoire. Elle lance le sujet épineux des femmes du début du siècle coincées entre l’ancienne morale, et la modernité qui va amener son lot de révolutions.

La pétulante Louisa est désarmante, et le capitaine Cooper ne peut que céder. Avec son air un peu grognon, et son passé il ne se laisse pas impressionner par la famille de sa « femme ». C’est ce qu’on lui demande et on attend les moments de fous rires. On attend. Dommage que l’amour venant il se laisse un peu trop aller à la culpabilité. Il tergiverse sur sa propre situation sociale : un peu trop, c’est classique. Cette petite faiblesse est l’occasion pour Louisa de se montrer plus séductrice encore, et d’affirmer sans complexe sa vision des choses résolument moderne. Ce qui est bien vu et appréciable. J’espère que les collections « J’ai Lu » n’attendront pas trop longtemps pour éditer la suite, et ressortir des stocks d’autres romances historiques qui ne soient pas victoriennes.

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