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dimanche 1er décembre 2013

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Insomnies en noir, anthologie choisie par Harlan Coben


Date: 7 novembre 2013
Collection: Belfond Noir
Edition: Belfond
Genre: recueil
Prix: 20,90 €

(2010)

Présentation de l’éditeur

Extrait de la préface d’Harlan Coben : « Nous — toi, cher lecteur, et moi-même — vivons en ce moment l’âge d’or de la fiction policière. Je ne dis pas ça à la légère. Jamais période de l’histoire n’aura connu une telle profusion d’auteurs de polars écrivant dans une telle variété de styles, et dotés d’un pareil talent. Tu trouveras ici tous les héros possibles, tous les bandits possibles, toutes les situations possibles, tous les crimes possibles, toutes les solutions possibles, toutes les surprises possibles. Pour paraphraser la vieille rengaine, ces histoires vont te faire rire, elles vont te faire pleurer, elles vont te faire trembler de peur, elles vont devenir une part de toi-même. » Détectives privés sur le retour, tueurs à gages sanguinaires, mais aussi grands-mères courageuses, escrocs à la petite semaine, héros malgré eux, femmes abandonnées, ado paumés… Vingt nouvelles, autant de portraits décalés et d’atmosphères différentes qui dressent le tableau en noir de la littérature policière nord-américaine contemporaine.

Avis de Marnie

Si les américains sont des habitués de ces anthologies qui reprennent les meilleures nouvelles publiées dans les magasines spécialisés, d’écrivains plus ou moins connus, venant d’horizons différents, nous n’en avons eu que très peu de traduites en France surtout que cette sélection faite chaque année par un grand écrivain du "noir" a lieu maintenant depuis quinze ans (le tout organisé par Otto Spenzler l’éditeur). Il a fallu attendre que ce soit Harlan Coben peut-être pour avoir le plaisir de déguster ces oeuvres cette année (publiées aux Etats-Unis en 2010) !

Que nous apportent ces vingt petites histoires ? Nous parler avec des voix très différentes (mais toujours très sombres) de l’Amérique, actuelle, celle de 1929, ou encore celle du débat Kennedy/Nixon, que ce soit à New-York ou alors à la frontière mexicaine victime de la guerre des gangs, des bas-fonds aux tranquilles banlieues aisées, des grands déserts de l’Ouest, au bord de l’océan, des voyous, des policiers, des femmes fatales, de monsieur ou madame tout le monde... Tout est une question d’atmosphère... et de l’âme humaine.

Et le résultat est ici à la hauteur de nos espérances. Même si un style ou le contenu d’une intrigue peut nous laisser plus indifférent ou froid que d’autres, cet exercice est formidablement réussi. Personnellement, sur ces vingt "intrigues" (car de près ou de loin un crime est commis), j’ai été bluffée par une quinzaine de ces récits qui se révèlent passionnants. Pourtant, l’exercice est particulièrement difficile : en quinze ou vingt pages, créer une situation de "drame", des personnages avec du relief, un lieu qui tient également la place d’un personnage, ainsi qu’une conclusion saisissante.

Nous nous remémorons avec plaisir ces très réussis recueils "Alfred Hitchcock présente" dans les années 50, 60 et 70 (tout comme la passionnante série télévisée...) dont certaines intrigues ne nous ont jamais quitté (comme cette femme qui servait aux policiers le rôti avec lequel elle avait assassiné son époux, faisant alors disparaître ainsi l’arme du crime) ou encore cette femme victime d’une attaque cérébrale, hémiplégique, muette et qui s’aperçoit qu’un de ses proches dont elle ignore l’identité tente de la tuer. Tout était alors ancré dans son époque... et justement, nous constatons à quel point le polar a évolué. Même si certaines (très peu) sont écrites en forme de classiques intrigues policières, les récits dérivent tous vers le roman noir, avec l’influence cinématographique actuelle (Coen, Fincher, Mendès et autres...) et le rythme plus que soutenu des séries télévisées. L’humour noir a laissé la place à un cynisme glaçant, à des rictus plutôt qu’à une tendre ironie, sans aucun jugement sur le bien ou le mal, vu que nous nageons déjà dans les eaux troubles de l’autre côté du miroir. La cruauté n’est plus une perversité, mais une sorte de monstre rampant qui gangrène peu à peu tout notre environnement.

Voici les auteurs retenus : Brock Adams (Audacieuse), Eric Barnes (Quelque chose de joli, quelque chose de beau), Lawrence Block (Table rase), David Corbett & Luis Alberto Urrea (Qui m’a volé ma guenon ?), Brendan Dubois (En patrouille), Loren D. Estleman (Parfois, c’est une hyène), Beth Anne Fennelly & Tom Franklin (Ce que mains veulent), Ernest J. Finney (La possibilité d’un crime), Ed Gorman (Traversée en solitaire), James Grady (Destiny City), Chris F. Holm (Tueur de tueurs), Harry Hunsicker (À l’ouest de nulle part), Richard Lange (Tueur d’enfant), Joe R. Lansdale (Pluie d’étoiles), Charles McCarry (Le dernier maillon de la chaîne), Dennis McFadden (Diamond Alley), Christopher Merkner (Le dernier cottage), Andrew Riconda (Le cœur comme un ballon), S.J. Rozan (Chin Yong Yun mène l’enquête), Mickey Spillane et Max Allan Collins (Mort depuis longtemps).

Passionnant... et une grande qualité dans l’écriture, cela ne se refuse pas !

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