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mercredi 4 décembre 2013

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C’est toi que j’attendais, de Kristan Higgins


Date: 4 décembre 2013
Collection: Promesses
Edition: J’ai Lu Pour Elle
Genre: romance contemporaine
Prix: 7,02 €

until there was you (2011)

Présentation de l’éditeur

Poppy Osterhagen dirige une entreprise de récupération de matériaux. Entourée d’une famille aussi soudée que fantasque, elle vit une relation légère avec son petit ami. Un jour, Liam Murphy, son chagrin d’amour de jeunesse, fait sa réapparition à Bellsford...

Avis de Marnie

Comment réussir à noter un roman, certes, sympathique, aux péripéties plutôt bien trouvées... avec la sauce qui prend toujours avec le même peps, des personnages enthousiasmants, alors oui, tout cela mériterait trois ou même quatre lunes... si toute cette intrigue ne nous laissait pas un arrière goût presque nauséabond ! Oui, le terme est dur, surtout que l’on ne doit pas juger des idées véhiculées dans un roman mais seulement de savoir si l’auteur réussit ou non sa romance avec les ingrédients qu’elle a mélangés dans son gâteau.

Elle utilise les clichés et joue avec ce qui donne des résultats bourrés de clins d’oeil : le frère gay et son « mari » omniprésent, meilleur ami de Poppy, couple qui ressemble énormément au couple homosexuel de la série Modern Family. S’agissant du passé adolescent de la jeune femme, nous avons l’impression de retrouver Molly Ringwald dans un de ses films cultes, sixteen candles à laquelle il aurait manqué la scène finale, où le superbe bad boy se penche pour observer de plus près la moche si méritante. Là, le roi du lycée a épousé la reine du lycée aussi gentille qu’elle le paraissait, ils se marièrent et eurent comme enfant une future reine du lycée toute aussi adorable ! C’est bien de vouloir jouer avec les clichés, mais c’est au niveau de l’évolution de son héroïne que le roman va soudain ne plus nous amuser du tout.

Pour une fois, Kristan Higgins précise qu’elle est sortie de son récit habituel à la mode « chick lit », le « je » pour laisser la place plusieurs fois dans le roman à notre héros qui nous livre son ressenti. Et bien, quand Liam dit à un moment à Poppy, je ne suis pas l’homme que tu crois que je suis, il n’a pas tout à fait tort. Ce n’est pas ce décalage qui nous gêne. Si l’on comprend l’admiration béate façon pop star ressentie par l’adolescente pour Liam, le mauvais garçon, si peu à peu, elle découvre la fragilité « craquante » du papa surprotecteur victime de crises d’angoisse quelque peu ridicules, tout comme nous, elle est attendrie. Mais jamais nous n’avons l’impression que son amour est plus profond, plus humain. Elle est éblouie, béate de désir, d’une patience qui dépasse l’entendement (le rendez-vous au cinéma est littéralement inacceptable !). Si bien que vingt pages avant la fin... Poppy en est toujours au même point, et cela ne fait plus rire du tout de la voir toujours geignarde, rougissante, et pathétique, suppliant notre homme gêné, de lui laisser les quelques miettes d’attention qu’il accepterait de lui accorder.

C’est l’humiliation latente et continue subie par Poppy qui ne fonctionne pas dans ce récit. C’est lourd, absolument pas drôle et au contraire tellement triste que cela plombe l’ensemble. Voir cette jeune femme au physique de 15 ans qui réagit souvent en mode « je calme le jeu car ils pourraient me quitter » n’est pas très valorisant. Kristan Higgins semble ici avoir de bizarres et surtout décevantes opinions sur ce que doivent être les relations entre les gens qui s’aiment. Poppy pardonne royalement à ses proches ou même d’autres qui traversent son existence de la trahir d’une manière ou d’une autre. Alors oui, Kristan Higgins nous raconte ici une histoire familiale et sentimentale tellement amère qu’elle en oublie d’être douce.

L’équilibre entre rire et émotion n’est pas atteint avec cette souffrance latente. Vingt ans pour en arriver à obtenir enfin que le bad boy daigne regarder la fille insignifiante, cela devient très cher payé...

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