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lundi 9 décembre 2013

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Le monde entier est un théâtre, de Boris Akounine


Date: 3 octobre 2013
Collection: -
Edition: Presses de la Cité
Genre: policier historique
Prix: 21,85 €

Présentation de l’éditeur

Russie, 1911. A la suite d’un quiproquo, la veuve de Tchekhov charge Eraste Fandorine de découvrir ce qui terrorise l’une de ses amies, la comédienne Elisa Altaïrskaïa-Lointaine. Pour les besoins de son enquête, le détective assiste à la représentation d’une pièce dans laquelle la jeune femme interprète le rôle principal. Dès que l’actrice apparaît sur scène, Fandorine est stupéfié par sa ressemblance avec son premier amour, Lisa, disparue tragiquement. Il tombe immédiatement sous son charme. Malheureusement, l’envoûtante Elisa semble victime d’une malédiction : tous les hommes qui la courtisent finissent par trouver la mort. C’est pourquoi elle décide d’éviter Fandorine. Blessé dans son amour-propre, le détective saura-t-il faire preuve du discernement nécessaire pour résoudre ce mystère ? De sa plume enlevée, Boris Akounine tisse une intrigue à la Agatha Christie, et nous livre un roman intelligent et léger, qui illustre une fois de plus son immense virtuosité.

Avis de Marnie

Boris Akounine est un écrivain russe de best-sellers, extrêmement lu dans son pays, mais également dans nos contrées. Son héros récurrent est Eraste Fandorine, un enquêteur au sein d’une société qui ignore qu’elle va disparaître six ans plus tard. Et oui, nous sommes en 1911... et cette intrigue est axée sur le théâtre de l’époque, dont la renommée a dépassé les frontières de la Russie.

Ce qui est surtout appréciable avec ce roman, c’est l’atmosphère très slave. Nous retrouvons l’ambiance "excessive" théâtrale justement amplifiée par le fait que nous voyons déambuler des comédiens qui cabotinent à tour de rôle. Entre légèreté et fausse tragédie, cela pleure, hurle, déclame, l’auteur multipliant les clins d’oeils aux pièces d’Anton Tchekhov, de surenchère de sensationnel (on n’est vraiment pas loin du cirque).

Le metteur en scène affiche un mépris envers la méthode Stanilavski (à l’origine de l’Actor’s Studio) et l’esprit de Gogol n’est vraiment pas loin (absurdité, corruption de la bureaucratie...) alors que la diva Elisa Altaïrskaïa Lointaine se croit victime des ignobles agissements de son second mari machiavélique. Fandorine, fou amoureux, et là c’est la nouveauté du roman, va se ruer à son secours, le tout dans une intrigue construite vraiment à la façon d’Agatha Christie, soit l’assassin sera l’être à qui on ne pensait vraiment pas, après avoir suspecté toute la petite troupe.

Même si cela semble bouger beaucoup, le rythme est malheureusement très alourdi, notamment par la création de la pièce écrite par Fandorine, dont on ne voit pas vraiment l’utilité, même si l’hommage à ces grands auteurs russes de la fin du XIXème siècle est évidente. De plus, l’auteur s’attarde aussi très longuement sur les affres de la passion entre un homme vieillissant et une jeune femme éblouissante. Cela casse vraiment le rythme... Reste cette envolée de grands sentiments, de la haine à l’amour, dont la force et le lyrisme apportent un grand souffle à ce récit.

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