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jeudi 12 décembre 2013

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Week-end à Portmeirion, de Nicola Upson


Date: 21 novembre 2013
Collection: Grands Détectives
Edition: 10 / 18
Genre: roman policier
Prix: 8,36 €

Présentation de l’éditeur

Été, 1936. Josephine Tey rejoint ses amis dans le joli petit village de Portmeirion pour fêter ses 40 ans et rencontrer Alfred Hitchcock, qui souhaite adapter l’un de ses romans. La fête tourne court quand l’une des actrices meurt brutalement. Les jours suivants, peur et suspicion reprennent de plus bel lorsqu’un autre invité est assassiné sauvagement. Personne ne semble être celui qu’il prétend être. Josephine Tey et l’inspecteur Archie Penrose devront se lancer sur les traces du tueur le plus sadique qu’ils aient jamais rencontré…

Avis de Marnie

Ce qui est frappant avec Nicola Upson, c’est qu’elle a des idées tellement originales que l’on adorerait aimer ses romans sans aucune restriction... Le souci, c’est qu’à chaque fois, nous émettons quelques réserves. En fait, elle brode sur la vie de vraies personnes, et nous ignorons ce qui est inventé et ce qui est réel. Ce procédé permet peut-être à l’inspiration de Nicola Upson de donner sa pleine mesure, cependant quand on ignore quelle était l’existence de personnalités de l’époque (1936 et 1954) nous mettons à caution tout ce que nous lisons. Bien évidemment, les meurtres sont fictifs, mais les sentiments, les conversations, les pensées que l’auteur prête ainsi à Josephine Tey (voir la parution ce mois-ci du monogramme des perles , à Alfred Hitchcock ou encore son épouse Alma Reville... reposent sur une recherche ou est-ce totalement sorti de l’imagination de Nicola Upson. Cela gâche beaucoup le plaisir...

Seconde difficulté : Pour rythmer son récit, l’auteur met en scène toute une galerie de personnages en quelques lignes. Tous se mêlent, se croisent, parlent d’événements passés introduisant d’autres caractères, et le lecteur s’embrouille un peu. Oui, le sujet est confus, surtout que ces liaisons plus ou moins dangereuses entre hommes et femmes, femmes et femmes et hommes et hommes se créent, se poursuivent, se délitent sous nos yeux et il faut attendre les deux tiers du roman avant que les meurtres ne surviennent... Ce n’est pas spécialement long, en fait, pas du tout, seulement, nous nous perdons dans des histoires qui ont plus ou moins de l’importance, de l’intérêt. Donc, tout cela n’est pas tout à fait maîtrisé.

Toutefois, il nous reste un vrai plaisir qui est loin d’être négligeable, l’enthousiasme de Nicola Upson pour décrire cet été 1936 dans ce petit village "artificiel" très étrange situé au Pays de Galles (pour ceux qui voudraient découvrir Portmeirion, c’est le décor de la série "Le Prisonnier"). Si vous avez vu l’adaptation faite par Hitchcock du roman de Josephine Tey, le maillot vert, devenu Jeune et innocent, vous apprécierez d’autant mieux cette intrigue. Ici, nous voyons le réalisateur courtiser cet écrivain afin qu’elle accepte de céder ses droits et d’écrire le scénario... Acceptera-t-elle ? Quand vous regardez la version hitchcokienne très éloignée du polar, vous avez votre réponse.

Personnellement, j’ai aimé que l’auteur choisisse de nous présenter une version absolument pas obsessionnelle de Hitchcock (soutenue par beaucoup d’acteurs, techniciens anglais) beaucoup plus intéressé par les propos et les actes de sa femme plutôt que torturé par la beauté de ses actrices. Elle dresse donc un portrait d’un créateur manquant de confiance en lui totalement en osmose avec sa brillante épouse, prêt à tout pour "l’épater", Alma Reville supportant vaillamment les plaisanteries plus ou moins réussies (souvent de mauvais goût) de son génie de mari.

La guerre n’est pas loin... et l’insouciance laisse la place à l’inquiétude, alors que le cinéaste et son épouse vont bientôt partir pour Hollywood ! L’atmosphère en demi-teinte est intensifiée par les passages qui se déroulent en 1954, lors de la sortie du film Fenêtre sur cour, alors que Archie, le policier constate les conséquences des événements dramatiques qui se déroulés en 1936, alors que les tabous (l’homosexualité, le viol, les naissances adultérines) empoisonnaient les relations humaines... Nicola Upson réussit fort bien à nous plonger dans cette atmosphère faite de souffrance et de frustration.

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