Accueil du site > Critiques > Livres et délices > La mesure de la dérive, de Alexander Maksik

lundi 13 janvier 2014

Partager :

facebook

twitter

Acheter :

Publicité :

La mesure de la dérive, de Alexander Maksik


Date: 8 janvier 2014
Collection: -
Edition: Belfond
Genre: roman
Prix: 19,00 €

Présentation de l’éditeur

Salué comme un chef-d’oeuvre « d’une beauté à couper le souffle », stupéfiant de finesse et d’humanité, un roman hypnotique sur l’exil, le poids du passé et l’importance vitale de notre relation aux autres. Des ténèbres du Liberia en guerre au soleil écrasant des Cyclades, l’odyssée d’une jeune femme accrochée coûte que coûte à la vie, et à sa dignité.

Jeune Libérienne, Jacqueline installe son grabat de fortune dans une grotte, sur une plage de Santorin. Chaque jour, elle lutte pour trouver un peu de nourriture et d’eau, éviter les rondes de police, passer inaperçue au milieu des touristes. Chaque jour, la faim et la solitude l’affaiblissent un peu plus. Chaque jour, la voix de sa mère la hante davantage, évoquant les images profondément enfouies d’une autre vie, mesures de sa dérive.

Mais pourquoi Jacqueline est-elle si seule ? Quelles terribles circonstances l’ont-elles amenée là ? Comment affronter l’insoutenable ?

Face à la folie qui la guette, c’est en elle-même qu’elle devra trouver la force, malgré tout, de continuer à vivre.

Avis de Marnie

Bouleversant... Jacqueline est un superbe portrait de femme qui ne peut que hanter l’esprit longtemps après l’avoir lu. Alexander Maksik a su avec une justesse saisissante se glisser dans cet esprit traumatisé, alors que la faim, l’exclusion et les souvenirs l’amènent à petits pas au bord de la folie.

Ici, nous sommes dans un roman fait de contrastes... une très jeune femme n’ayant aucun moyen de subsistance qui erre parmi des touristes indifférents dans un lieu paradisiaque. De rencontres avec des étrangers plus ou moins concernés, profiteurs ou compatissants, réalité et fantasmes se mêlent, alors que Jacqueline est enfermée en elle-même, hantée par une tragédie qui a dévasté son existence.

Alexander Maksik fait preuve d’une vraie subtilité avec cette histoire qui n’a ni bon ni méchant. Tout le ressenti de Jacqueline le montre : colère, révolte, culpabilité, amour, amertume, tendresse, nostalgie... mais surtout une souffrance qu’elle ne peut affronter qui la ronge tout comme la faim. Seule survit plus forte que la faiblesse de son corps, sa dignité. Vaillante et fragile, elle n’attend qu’une main tendue prête à l’écouter. Attachante ? Ce n’est pas le mot, ce portrait de femme est tout bonnement magnifique !

Sans aucun didactisme, l’auteur en faisant errer ainsi son héroïne africaine dans cette Europe en crise, sous le soleil de plomb d’un paysage touristique transcendé par des ruines antiques, rend son propos universel... de toutes les femmes sacrifiées au nom de guerres, des exactions dont elles ne sont que des victimes impuissantes...

Si vous voulez en savoir plus, voici son interview !

Mots clés de l'auteur :

Maksik Alexander
   La mesure de la dérive, de Alexander Maksik
   Interview de Alexander Maksik
Mentions Légales | Nous contacter | Plan du site | SPIP | Creative Commons License | © Blue-moon.fr : 2009 - 2016