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lundi 27 janvier 2014

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Family killer, de Francis Huster


Date: 23 janvier 2014
Collection: Rives Noires
Edition: Le Passeur éditeur
Genre: policier
Prix: 17,58 €

Présentation de l’éditeur

Été 2013. Un père tue sa femme et ses enfants de sang-froid avant de disparaître dans la nature. Après des semaines d ?enquête infructueuse, la police contacte François Holzer, ex-flic au passé tourmenté et aux méthodes peu orthodoxes. « Voici la transcription exacte des enregistrements volés, effectués tout au long de mon enquête. Vous serez soumis à la même épreuve que moi, n ?en saurez ni plus ni moins. Ce que j ?ai entendu, vous l ?entendrez. Ce que ces gens m ?ont tu vous sera tu. Pas de narration bidon. Un flic n ?est que l ?archéologue de l ?âme d ?un assassin. Il lui faut creuser au plus profond, parfois jusqu’à une absurdité plus insaisissable que la folie. J’ai creusé, à en déchirer mes ongles jusqu’au sang, dans les bassesses les plus répugnantes. Cette enquête est de celles que j ?aurais préféré ne jamais avoir vécu et enregistré. Elle m ?a obligé à saisir aussi ma propre voix et à descendre, terrifié, jusqu’aux tréfonds de moi-même. Je vous invite à m ?y accompagner et à décrypter ces voix. » Fr. Holzer.

Avis de Marnie

Imaginez que vous prenez comme pseudo Marnie, et que le second personnage qui apparaît dans le roman se nomme Bruno Anthony sans que cela attire spécialement votre attention. Au fur et à mesure apparaissent des Marion ou Margot, et autres Constance Peterson ne vous font pas encore tilt dans le crâne... et bien quand vous vous surnommez Marnie et que soudain apparaît un personnage nommé Marc Rutland, vous faites un bond de dix mètres (héros du film Marnie de Hitchcock) et un certain Guy Haines vous ramène alors à Bruno Anthony (les deux protagonistes de l’inconnu du Nord-Express de Hitchcock). Après... c’est un jeu de reconnaître quels noms ou prénoms sont tirés des personnages du cinéma de Hitchcock, joli hommage que Francis Huster rend au maître ! Et que le choix de Alicia Huberman pour le caractère le plus attachant du roman n’est certainement pas anodin !

Si c’est le premier roman de Francis Huster, il est largement inspiré par un fait divers qui a défrayé la chronique. En effet, plusieurs fois évoqué dans l’intrigue, le cas Xavier Dupont de Ligonnès est même l’exemple parfait de ce family killer, celui qui a inspiré la réflexion de notre comédien/metteur en scène/biographe. Qui sont ces tueurs de famille ? Pourquoi passer à l’acte ? L’influence de notre société sur ces nouveaux assassins en série... Pour ce faire, Francis Huster décide de déstructurer tous les codes du genre, soit de ne pas écrire un roman noir, ou un polar de plus. Il utilise un autre procédé : nous plonger dans divers dialogues enregistrés par le héros dont l’évolution de la réflexion sert de liaison entre ces conversations que l’on lit, le but étant de nous faire notre propre opinion.

Honnêtement, l’auteur se contredit lui-même avec ce procédé... Si nous n’avons pas les inflexions des voix, les hésitations, les yeux qui fuient ou que l’on fixe pendant ces interrogatoires ou dialogues, nous n’avons que de la matière brute ! Second bémol, Francis Huster clame haut et fort qu’il ne souhaite pas faire donc le polar de plus, qu’il n’est pas écrivain dont écrit sans fioriture, or, déjà c’est un procédé narratif choisi et réfléchi, et l’introspection entre ces conversations nous influencera sur notre ressenti... En fait, le comédien ne peut simplement pas s’empêcher de cabotiner !

Donc, jugeons le roman par lui-même : si certains dialogues ne sonnent pas juste, avec des échanges qui partent un peu dans tous les sens (et oui, nous sommes dans la vraie vie donc nous n’allons pas à l’essentiel comme dans un thriller à l’américaine !) avec des chutes qui n’en sont pas ou des réflexions certaines fois un peu... stupides, ce qui casse le rythme, soudain, certaines envolées, saillies et parties de ping-pong verbales montrent alors une vraie intensité, de la force, et des sentiments profonds : colère, aigreur, révolte, haine, incompréhension... Le ton est fluctuant, doux-amer, désabusé (ahhh le flic revenu de tout à la croisée des chemins, prêt à tomber dans le gouffre...), avec un petit plus s’agissant de certains apartés de notre héros narrateur qui peuvent se révéler aussi brillants, perfides, provocateurs (langage ordurier dont il semble se délecter) et empreints d’une tristesse à mourir !

Au final, l’exercice est intéressant, pas tout à fait réussi (il se perd un peu trop dans un verbiage qui en fait n’apporte rien au propos) mais si vous me demandez si Francis Huster a du talent pour écrire, c’est oui, il a un style, des idées, un travail ciselé et réfléchi, et une passion que l’on perçoit (dans tout ce qu’il fait). A découvrir !

Mots clés de l'auteur :

Huster Francis
   Family killer, de Francis Huster
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