Accueil du site > Critiques > Policiers/Thrillers > Tuez qui vous voulez, de Olivier Barde-Cabuçon

mardi 18 février 2014

Partager :

facebook

twitter

Acheter :

Publicité :

Tuez qui vous voulez, de Olivier Barde-Cabuçon


Date: 5 février 2014
Collection: Actes Noirs
Edition: Actes Sud
Genre: policier historique
Prix: 21,76 €

Présentation de l’éditeur

Hiver 1759. Alors que s’élèvent les fusées multicolores d’un splendide feu d’artifice donné par le roi à son bon peuple de Paris, un inconnu est assassiné dans une ruelle. C’est le troisième jeune homme retrouvé égorgé et la langue arrachée. Mais cette fois, la victime est russe.

Le commissaire aux morts étranges se charge de l’affaire dans une atmosphère aussi singulière que les meurtres dont il a la charge : les miracles se multiplient au cimetière Saint- Médard, et des femmes se font crucifier dans des appartements discrets pour revivre les souffrances du Christ ; les rues de Paris s’enfièvrent à l’approche de la fête des Fous qu’un mystérieux inconnu invite à ressusciter ; la cour, quant à elle, est parcourue de rumeurs au sujet du mystérieux chevalier d’Éon, secrétaire d’ambassade à Saint-Pétersbourg et, dit-on, émissaire du Secret du roi, une diplomatie parallèle mise en place par Louis XV…

Les tensions s’exacerbent dans les quartiers populaires. Sartine, le lieutenant général de police, craint des débordements car le peuple est seul maître de la rue. Quant au moine, oubliant son âge, il semble se laisser gagner par l’esprit de cette antique fête, où les fous deviennent sages et les sages fous. La royauté est menacée, les interdits transgressés. L’ordre social est-il en train de s’inverser ? Le commissaire aux morts étranges garde la tête froide et mène l’enquête.

Avis de Marnie

Après Casanova et la femme sans visage (prix Sang d’Encre 2012), puis Messe Noire (prix Historia du roman policier 2013), voici donc la troisième enquête du Chevalier de Volnay, commissaire aux morts étranges et de son père, le moine hérétique, toute aussi réussie que les deux précédentes. Nous sommes désormais habitués à cette atmosphère d’insurrection sous-jacente, et ce gros point fort d’Olivier Barde-Cabuçon, est justement ce que nous apprécions de retrouver.

En effet, d’un côté nous avons le moine hérétique qui a failli mourir pour ses idées, insolent et provocateur avec les puissants (son duo avec Sartine, où l’on ne sait pas où commence la haine et où se termine la complicité) et de l’autre côté son fils, beaucoup plus discret, incorruptible qui se refuse à faire le courtisan mais dont quelques réflexions montrent que les idées révolutionnaires gagnent peu à peu du terrain. Nos deux héros sont parvenus à trouver un statut quo fragile... et leurs amours se poursuivent, cyniques et sans illusion pour le moine, spontanés et frais pour notre Chevalier soudain balbutiant...

Paris est le troisième personnage du roman : trente ans avant que la monarchie soit renversée, la haine gronde dans les rues, on déverse des pots de chambre sur ceux qui sont au service du roi. Mais voilà ici que la fête des fous, bien qu’interdite, va avoir lieu, ce qui va exacerber la colère. La folie religieuse s’empare des esprits, avec des groupes jansénistes extrémistes où la ferveur se transforme en hystérie. Le contexte approfondi par l’auteur est aussi passionnant que solide.

Cependant, tout aussi important, ce contexte n’est pas figé... En effet, il faut souligner à quel point les romans d’Olivier Barde-Cabuçon sont vivants, le rythme est alerte, avec des dizaines de personnages pittoresques qui accompagnent et enrichissent l’action. Les dialogues amusants avec des sarcasmes qui fusent de tous côtés, apportent une vraie élégance à la Dumas dont on ne peut se passer. Cela virevolte de partout et quelques fois, c’est même extrêmement brillant.

Enfin, si dans le premier volume, l’auteur s’amusait à nous donner sa version de Casanova, ici, c’est au tour du chevalier d’Eon de nous être présenté. Si dans la légende, nous avions du mal à déterminer le sexe de ce mystérieux espion du roi, Olivier Barde-Cabuçon nous montre un homme à multiples facettes, nettement plus nuancé, aussi talentueux qu’il peut être ridicule. (Le travestissement n’est pas aussi réussi que nous l’avions imaginé !). Sa présence affole plusieurs services du roi qui n’hésitent pas à s’espionner ou à tirer la couverture sur soi. Entre les mouches de Sartine et les espions de Choiseul, la guerre va être déclarée...

Vous trouverez ici l’interview d’Olivier Barde-Cabuçon accordé lors de la série du premier volume.

Mentions Légales | Nous contacter | Plan du site | SPIP | Creative Commons License | © Blue-moon.fr : 2009 - 2016