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mercredi 26 février 2014

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C’est le métier qui rentre, de Sylvie Testud


Date: 22 janvier 2014
Collection: Littérature française
Edition: Fayard
Genre: chronique chick lit
Prix: 17,10 €

Présentation de l’éditeur

Sybille croit aux histoires qui finissent bien. Elle a beau savoir de quelle manière est morte Jeanne d’Arc, quand elle regarde un des films qui lui ont été consacrés, Sybille ne peut s’empêcher d’espérer qu’un pompier vienne la tirer d’affaire. Alors comment imaginer que la réalisation de son propre long-métrage va virer au film catastrophe ? Toute à sa passion, l’apprentie cinéaste refuse de se laisser abattre par les problèmes qui s’accumulent. Producteurs qui écrivent les scénarios, actrices qui entrent en résistance, agents hystériques, financiers qui ne financent pas : tout va s’arranger, elle n’en démord pas. Son enthousiasme aveugle lui donne des ailes. Celles du pigeon que l’on plume ou celles du dindon de la farce ? Comédienne et réalisatrice comme son héroïne, Sylvie Testud est aussi romancière. Avec l’humour et l’autodérision que ses lecteurs lui connaissent, voici les mésaventures drolatiques que lui valent quelquefois sa confiance dans sa bonne étoile et dans le genre humain. Et en bonus une visite inédite dans les couloirs de l’« usine à rêves » cinématographique où le public ne va jamais…

Avis de Marnie

Si comme moi, vous ignorez que non seulement Sylvie Testud est une de nos meilleures actrices actuelles, mais qu’elle est aussi écrivain, et bien, ce roman constituera une très jolie surprise. L’auteur nous parle ici d’un milieu qu’elle connaît, le cinéma, mais surtout d’une expérience qui sent le vécu, en tant que réalisatrice : porter le projet d’un film.

Une première bonne idée est d’avoir su éviter l’explication de texte. Au contraire, Sylvie Testud devient Sybille ce qui lui permet un ton outrancier... et d’aller aussi loin qu’elle le souhaite. Cela ne l’empêche pas de coller à la réalité pour beaucoup de détails de son existence. Un second atout ? La forme. En fait, elle nous écrit une sorte de chick lit à l’anglaise, bourrée de dialogues alertes, drôles, acides, simples, certes, mais comme dans la vie. La rapidité est la clé, notre héroïne étant plongée dans une spirale quelque peu foldingue, qui la dépasse.

L’auteur souhaite visiblement nous offrir un petit moment de son existence, nous plonger dans une ambiance superficielle et drolatique qui frôle souvent le grotesque et la bêtise, le tout avec dérision, comme si après tout, il ne fallait pas oublier cette phrase "après tout, cela n’est que du cinéma !". Toute l’absurdité autour de ce métier est montrée, où l’on côtoie des gens nombrilistes, mégalomanes, petits dictateurs versatiles et futiles. Dans cette course au financement, on égratigne l’ego des gens de la profession, de l’acteur aux techniciens...

Elle croque ses personnages plus qu’elle ne les décrit, c’est normal, puisqu’elle est obnubilée par une seule idée faire son film, oubliant son entourage au passage, un compagnon qui regarde tout ce "cirque" avec scepticisme, et deux enfants qui aimeraient une mère plus présente. Mieux, elle n’hésite pas à se mettre en boite, montrant une certaine mauvaise foi, une certaine lâcheté quand elle ferme les yeux sur certaines compromissions (un scénario sans cesse remanié jusqu’à en perdre sa substance, des actrices qu’on doit séduire où lâcher ...)

Une très sympathique incursion virevoltante, ironique et quelques fois grinçante, dans cette chronique d’un échec annoncé ! Sans oublier ce qui est perceptible derrière ces lignes lapidaires : un amour et une chaleureuse et émouvante tendresse pour les siens, et une passion profonde et vibrante pour son travail.

Mots clés de l'auteur :

Testud Sylvie
   C’est le métier qui rentre, de Sylvie Testud
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