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jeudi 27 février 2014

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Bon voisinage, de Ruth Rendell


Date:19 février 2014
Collection: -
Edition:Editions des Deux Terres
Genre: psychologique
Prix: 20,43€

Présentation de l’éditeur

À Hexam Place, rue chic de Londres aux maisons géorgiennes, employeurs et employés vivent en étant persuadés que les petites affaires des uns n’ont aucun secret pour les autres. Dex, le jardinier, doit être un idiot asocial pour vénérer autant son téléphone et les voix qui en sortent. Henry, le chauffeur, se fait de toute évidence exploiter par son employeur qu il attend des heures dans sa voiture, tout en étant l amant de la femme et de la fille de ce dernier. Quant à Montserrat, la jeune fille au pair, elle a certainement une aventure avec l acteur de série qui s’invite chez elle à des heures indues. Mais lorsque ce dernier disparaît, il en va de même des certitudes de tous : à Hexam Place, la mort accidentelle et la folie pathologique se côtoient à tous les étages.

Avis de Marnie

Si l’on apprécie le savoir-faire de Ruth Rendell qui excelle dans l’étude psychologique d’un groupe de personnes, nous ne pouvons qu’applaudir devant ce nouvel exercice de style. Bien évidemment, ce roman se situe hors du temps... Il aurait pu être écrit il y a trente ans sans qu’ici, il n’y ait rien de péjoratif à le souligner quant à l’aspect "relationnel" ! Parce que ce qui importe c’est cette rue "bourgeoise" de Londres, où maîtres et valets (chauffeurs, jardiniers, gouvernantes, jeunes filles au pair...) se côtoient, avec toute l’ascendance psychologique que cela entraîne : conflits larvés ou ouverts, jalousie entre employés ou entre propriétaires, mesquinerie, bêtise, dévouement, relations sexuelles secrètes... adultères et mariages...

Nous retrouvons donc la finesse d’analyse de cet écrivain hors du commun, son intelligence pour décrire ces caractères à coups de traits acerbes, ce ton légèrement sarcastique qui apporte une toute petite touche de légèreté à l’intrigue. Nous pensons souvent au film de Robert Altmann, Gosford Park, qui traitait du même sujet... et cela nous offre donc une intrigue estampillée "british", corrosive jouant sur la dérision. Nous n’éprouvons pas spécialement d’empathie ou même d’aversion sur les uns ou les autres mais ce n’est pas cela que l’auteur recherche ou ce que le lecteur attend de ce roman.

Par contre, il faut noter plusieurs points négatifs. Si l’aspect donc relationnel est réussi, le regard porté sur les minorités, sur les adolescents ou jeunes adultes est singulièrement dépassé. Il y a tant de personnages au début du roman que nous mettons un temps infini pour comprendre qui est qui et ce qu’il fait exactement dans l’histoire, vu que Ruth Rendell nous bombarde de renseignements en tous genres. Et si les premiers romans de de cet auteur faisaient preuve d’une remarquable maîtrise du suspense, ici, il est quasi-inexistant.

On ne peut donc être que partagé... A lire, seulement pour ce regard d’une élégance noire sur la riche société londonienne.

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