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jeudi 13 mars 2014

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Rédemption, de Matt Lennox


Date: 29 janvier 2014
Collection: Littérature Générale
Edition: Albin-Michel
Genre: romance
Prix: 20,90 €

Présentation de l’éditeur

Dans la veine des films de James Gray ou des romans de Dennis Lehane, Rédemption marque les formidables débuts d’un jeune auteur canadien. Matt Lennox explore dans ce roman d’une beauté sombre et puissante les secrets d’une petite ville enfermée dans ses préjugés.

Après dix-sept années passées dans une prison de haute sécurité, Leland King revient dans sa ville natale de l’Ontario, où sa mère est en train de mourir. Quel crime a-t-il commis pour avoir été aussi longtemps privé de liberté ? Pete, son neveu, né pendant sa détention, l’ignore et ne s’en soucie guère. Mais, dans ce patelin où l’on ne vénère que Dieu et la loi, il est bien le seul : personne n’a vraiment pardonné à Leland son passé criminel. Surtout pas Stan Maitland, un flic à la retraite, qui ne peut s’empêcher de voir un lien entre le retour du « hors-la-loi » et la récente découverte du cadavre d’une jeune femme dans une voiture abandonnée... Il faudra bien, un jour ou l’autre, que Pete affronte la terrible vérité.

Avis de Marnie

Rédemption fait partie de ces nouveaux romans américains où le cadre de la petite ville de l’Amérique profonde avec son fait divers "banal" ne sont là que pour se poser des questions existentielles. Comme le diable, tout le temps, de Donald Ray Pollock, l’auteur nous parle en fait de nous, des frontières entre le mal et le bien, la religion, le destin, la culpabilité, la vie, la mort, l’amour familial, la chance ou les coups du sort... que devient le libre arbitre ?

Ce qui est étonnant ici, c’est la profondeur et la maîtrise dont fait preuve ce canadien d’alors 32 ans (le roman est paru en 2012). L’histoire se déroule l’année de sa naissance en 1980, dans une petite bourgade des montagnes de l’Ontario où l’on vit dans une relative pauvreté, les jeunes rêvant de partir dans l’ouest, tout en étant profondément attaché à sa famille. Ce sont ces contradictions que Matt Lennox met en exergue, ces luttes que l’on a en nous-mêmes, qui nous font emprunter un chemin plutôt qu’un autre, sans savoir si c’est ce qu’il faut faire ou ce que l’on doit faire.

Leland a commis un crime... Pour la société, il a payé sa dette. Entre jugement moral et jugement social, il y a une différence perceptible. Connaît-on toutes les raisons pour lesquelles il a commis ce crime ? Peut-il se réinsérer ? Que représente-t-il pour sa famille et surtout est-ce que sa famille représente encore quelque chose pour lui ? Une mère mourante, un beau-frère pasteur, une soeur qui intériorise des sentiments ambivalents, un neveu qui découvre la vie et que ce passé va heurter de plein fouet... Des décisions plus ou moins réfléchies entraîneront une succession d’événements dramatiques... que rien ne pouvait arrêter ?

Matt Lennox possède un style "taiseux" qui raconte une histoire avec une économie de mots et surtout d’émotions, pour rendre le tout neutre au possible, comme s’il fallait rester en recul devant cette chronique d’une tragédie annoncée. Nous entrons littéralement dans le quotidien de ces gens au caractère abrupt, au coeur de ce petit lieu endormi. En fait, c’est là que le talent se situe bien évidemment, l’auteur semblant retenir des vagues de sentiments qui balayent le récit dans le dernier tiers du livre. Il analyse toute la complexité et l’ambiguïté du comportement humain, pour mieux faire déferler les conséquences de ces choix qu’il a observé avec un regard analytique. Le souffle retenu était bien là, puissant une fois qu’il déferle avec toute la violence de son absurdité.

Sommes-nous maîtres de nos destins ?

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