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samedi 15 mars 2014

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Le projet Bleiberg, de David S. Khara


Date: 3 novembre 2011
Collection: Domaine Policier
Edition: 10 / 18
Genre: thriller fantastique
Prix: 7,13 €

Présentation de l’éditeur

Son père ? Assassiné. Sa mère ? Assassinée. Pour Jay Novacek, la semaine commence à être chargée. D’autant qu’en terme d’héritage, à part un drapeau américain, un médaillon nazi et un agent du Mossad à ses trousses, ce n’est pas l’Eldorado. Pire, il semblerait qu’on se dispute sa tête à grands coups de revolver... Peu habitué à danser avec les balles, Novacek va devoir apprendre. Et vite, s’il veut survivre. Venue des heures les plus sombres de l’Histoire, une terrible machination se met en branle, menaçant l’humanité tout entière. N’est-il pas déjà trop tard pour l’arrêter ?

Avis d’Enora

David S. Khara qui nous avait alléchés avec Les vestiges de l’aube, confirme tout son talent avec Le projet Bleiberg, un thriller politico-historique (l’auteur excelle dans le mélange des genres).

Jay Novacek, jeune trailer new-yorkais dépressif et alcoolique depuis un événement traumatisant, apprend la mort de son père. Un père qui les avait abandonnés, depuis de nombreuses années, sa mère et lui. Un père qui pourrait ne pas être ce qu’il paraissait et dont le mystère tourne autour d’une petite clef marquée d’une croix gammée.

Au même moment à l’autre bout du pays, un agent du Mossad, Eytan Morgensten, reçoit pour mission de « s’occuper » d’un certain Jay Novacek…

Quels sont les liens entre ces personnages et les « recherches médicales » menées au cap de Stutthof en 1942 sous la houlette du Reichsfürher-SS Heinrich Himmler ?

Avec énormément de talent, l’auteur nous embarque dans une intrigue complexe et haletante qui prend source en Bavière en 1924 et après des détours par la Tour de Londres en 1941, Berlin et la Pologne, nous ramène à l’époque actuelle aux USA et en Europe, en passant par Jérusalem.

L’auteur alterne les lieux et les époques avec beaucoup de brio, sans jamais mettre en péril ni la compréhension de l’histoire, ni l’intérêt de l’intrigue. Ses personnages principaux complexes et profondément humains, sont savamment travaillés. Chacun porte son fardeaux de blessures mais comme le dira Eytan « Le suicide n’est pas une preuve de courage mais d’abandon. Des erreurs, des fautes, nous en commettons tous. La force d’un homme ne se mesure pas au nombre de coups qu’il peut donner…mais au nombre de coups qu’il peut recevoir. »

Avec une superbe construction parfaitement maîtrisée et rythmée, une documentation historique impeccable dans laquelle la fiction s’insère très habilement et un humour souvent du au personnage décalé de Jay qui permet de relâcher un peu la pression, Le projet Bleiberg est une vraie réussite ( juste un petit bémol pour la fin un peu rapide). Il est impressionnant de constater la maturité acquise par David S. Khara entre son premier et son second roman.

« Savoir pour ne pas oublier. Comprendre pour ne pas reproduire » ce thriller est aussi un roman sur la mémoire qui pointe non seulement les exactions du régime nazis mais aussi la complicité des alliés et du régime soviétique dans l’impunité apportée à quelques-uns des plus grands tortionnaires que la terre ait portée.

Avis de Marnie

Premier volet d’une trilogie, ce thriller "fantastique" se lit... avec intérêt et même enthousiasme. La "sauce" prend, en effet, tout de suite. L’auteur semble avoir pris un plaisir fou à mettre en scène son intrigue très honnêtement troussée. Ce qui sort un peu de l’ordinaire, c’est le jeu bien malin dans lequel nous entraîne David S. Khara : savoir en fait, qui est le héros du roman.

Et oui, presque dès le départ, Jay Novacek apparaît dans toute sa déchéance. Pour une fois, le jeune "naïf" de service n’a pas subi un traumatisme mais son attitude arrogante inconsciente a occasionné une tragédie. Rongé par le remord et la culpabilité, il sombre dans un gouffre lorsque commence l’histoire... sauf que le passé des siens va le rattraper, l’entraînant dans une aventure dangereuse et mystérieuse. Mais voilà, il croise aussitôt un agent du Mossad qui va prendre une place aussi importante que la sienne dans cette intrigue.

Petites phrases très courtes (certaines fois un peu trop, il faut l’avouer)... , le style de l’écrivain est plutôt minimaliste. Il vise à l’essentiel, de manière cinématographique, soit des plans très visuels. En fait, il est au service de son scénario mais aussi de ses personnages. Nous ne sommes pas dans l’introspection mais dans un divertissement réjouissant. Le lecteur se laisse emporter alors par cette vague irrésistible.

David S. Khara s’amuse à nous présenter une course effrénée, façon "action/réaction". L’humour est bien présent et l’auteur s’en donne à coeur joie, notamment en faisant entrer dans cette danse échevelée une jeune femme, agent de la CIA, qui, certes, manque d’expérience, mais n’hésite pas à se perfectionner avec un entrain qui ne peut nous laisser indifférent.

Très sympathique !

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