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dimanche 6 avril 2014

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Débrouille-toi, de Lionel Chareyre


Date: 13 mars 2014
Collection: Prélud’
Edition: Chemin Vert Editions
Genre: thriller
Prix: 0,99 €

Présentation de l’éditeur

"Fraîchement diplômé, je viens de voler deux millions d’euros, rien de prémédité."

Etudiant, Quentin Leblanc rencontre Chloé dont il tombe follement amoureux. Leur idylle prend fin lorsqu’elle décide de partir étudier aux Etats-Unis. Une fois diplômé, Quentin effectue des missions d’intérims et est embauché en tant que comptable à l’Hippodrome de Vincennes. Un soir, il se retrouve seul avec un sac contenant la recette de la course du Grand Prix d’Amérique. Sur un coup de tête, il s’enfuit avec l’argent.

Cavale, histoire d’amour, trahisons... Quentin est pris dans un tourbillon qui lui réserve son lot de surprises, dont une pour le moins inattendue !

Avis de Marnie

Oubliez vos a-priori sur les romans "amateurs" ! Chemin Vert Editions (nouveau label de "Place des Editeurs") font tester (en ce moment... voici leur lien n’hésitez pas à tenter votre chance) en partenariat avec la FNAC. Et pour une des rares fois... je vais vous faire une critique à la première personne ! J’ai, en effet, décidé de lire ces romans, comme s’ils étaient professionnels, avec la même "sévérité" et surtout en ne hurlant pas sur nos auteurs français géniaux bien meilleurs que ce que savent écrire les américains : donc qualités et défauts, aucune indulgence mais un avis impartial ! Vous avez repéré depuis longtemps notre barème de notation : pas de lune = mauvais roman qui énerve, une lune = ce n’est pas bon, mais à l’occasion et si l’on veut, deux lunes = bon, mais avec quelques défauts, trois lunes = très bon et même excellent, et enfin quatre lunes = génial et aussi inoubliable. Ma lecture de ce roman va ainsi évoluer :

- pas de lune : je commence ce roman, dont la quatrième de couverture, comme je vais vite m’en apercevoir, ne restitue pas du tout l’atmosphère "spéciale" de ce livre. Je suis immédiatement décontenancée par un "no style" que je trouve rapidement insupportable. En effet, je lis les trois premières pages écrites à la première personne. Pas de récit, pas de détail, une vie résumée en dix lignes, ponctuée par des "je me lève, je mange, je vais, je décide, je fais, je pleure, je marche", soit un style qui n’en est pas un, linéaire, terne, plat, sans émotion. On ne s’attache à rien, on n’attend rien. Je me demande même comment ce roman a pu être finaliste du concours ! Je fais un effort tout en ayant déjà regardé le titre de mon prochain roman (mais comme je suis dans le métro, je décide de persévérer jusqu’à ce que je sois arrivée à mon travail).. et ce que je viens d’écrire est tout à fait dans le pas de "ton" de Lionel Chareyre.

- trois lunes : Au bout de six pages, alors que les phrases défilent dans ma tête, j’ai soudain comme un rythme qui se met en place. Je pense à la série de Canal + , Bref... et le roman décolle. Ce style si terne, si froid, se lit en fait sans ponctuation, comme un crépitement de machine à écrire. il est totalement au service de l’impact et l’accélération des péripéties n’en est que plus "éblouissante". C’est tellement original et bien fichu que l’on est littéralement bercé mais aussi scotché à l’action. En quelques pages, l’anti-héros est littéralement transporté de l’autre côté du miroir : une vraie descente aux enfers qu’il ne maîtrise en rien, une survie non pas au jour le jour, mais d’heure en heure où lui qui cherchait une existence de petit comptable pépère placée sous le signe de la sécurité... va se trouver plongé dans une spirale où l’on oscille sans cesse entre fuite et danger.

- quatre lunes : Aucun temps mort... aucun. L’auteur nous entraîne dans ces multiples rebondissements, avec l’argent comme point central, comme solution à tout, mais aussi comme cause de toutes les convoitises, et de toutes les trahisons. Cela va si vite, que nous ne voyons pas arriver la plupart des coups de théâtre... voyages incessants, personnages qui se croisent, que l’on perd, que l’on retrouve, avec en arrière-plan, la police qui tente de comprendre ce qui se passe réellement dans cette bizarre histoire, pas franchement nette. Lionel Chareyre a emprunté aux américains cette redoutable efficacité que l’on apprécie tant, mais s’est totalement réapproprié le thème du road-movie lui apportant une modernité (toujours ce mode "Bref") qui en amplifie les impressions. Quelque part, on sent vraiment l’exercice de style poussé à son paroxysme, un second degré comique décalé du plus bel effet... Le résultat est littéralement bluffant !

- deux lunes : Nous voici à quelques pages de la fin et survient le coup de théâtre... que nous connaissions puisqu’il nous avait été révélé dans le premier tiers du roman. Il est évident qu’à la manière de Harlan Coben pour les romans ou Brian de Palma pour les films, la fin "attendue" va être suivie par le vrai rebondissement. En plus, nous ressentons le malaise de l’écrivain certainement pas satisfait puisque même son héros dit que ce qu’il entend n’est pas cohérent. C’est bancal, absolument pas dans le ton de l’envolée de l’histoire et surtout... facile, très loin de la hauteur "exceptionnelle" du reste de l’intrigue. Et malheureusement, le récit s’interrompt brutalement. Certains détails ne correspondent plus à la réalité, il y a des questions posées non réglées (que devient un des personnages par exemple ?) et la fin devinée donc depuis le début est celle choisie par l’auteur. Quelle erreur ! Nous savons que Lionel Chareyre est capable vu ce que nous avons lu, de trouver une fin autrement plus flamboyante, plus astucieuse.

Je me sens frustrée alors que j’avais entre les mains un vrai petit bijou innovant et d’une malice folle. Zut ! Attention, je ne fais pas partie des lecteurs qui souhaitent découvrir la fin qu’ils ont eux-même imaginé et qu’ils veulent voir écrite. Non, je veux juste être aussi bluffée que pour le reste du roman. Bon, si quelqu’un pouvait lui dire de reprendre son final, je change ma critique et sa notation !

Mots clés de l'auteur :

Chareyre Lionel
   Débrouille-toi, de Lionel Chareyre
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