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jeudi 24 avril 2014

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Meurtre low cost - Saison 1 l’intégrale : l’idée qui tue, de Isabelle Bouvier


Date: 27 mars 2014
Collection: Pulp
Edition: La Bourdonnaye
Genre: roman noir
Prix: 12,34 €

Présentation de l’éditeur

Anna, la quarantaine, épouse modèle et bonne mère de famille, limite desperate housewife depuis qu’elle est au chômage, réussit un beau jour sa reconversion professionnelle sans l’aide de Pôle emploi. De toute façon, son nouveau métier ne rentre pas dans les catégories type des formulaires administratifs : tueuse à gages... low cost. Un concept pourtant extrêmement porteur et très original de service à la personne, comme elle l’explique au journaliste venu l’interviewer sous couvert d’anonymat.

Aujourd’hui à la tête d’une petite entreprise qui connaît pas la crise, Anna éprouve quelques difficultés à concilier vie de famille et vie professionnelle, car il lui faut cacher à son fils et à son mari – un pompier au grand coeur qui sauve les gens, tandis qu’elle les tue – en quoi consiste sa nouvelle activité. Pour couronner le tout, sa mère qu’elle était heureuse de ne pas avoir revue depuis des lustres, débarque à l’improviste pour s’installer chez eux.

La devise d’Anna ? « Soldes, tout doit disparaître ». Surtout les corps et les indices.

Les séries littéraires de la collection « Pulp » sont conçues comme des séries télévisées, avec plusieurs saisons de six épisodes chacune, chaque épisode étant écrit pour un temps de lecture moyen de 20 minutes.

Un épisode au format ebook paraît toutes les semaines, avec possibilité de précommander immédiatement la saison complète. Les intégrales numérique et papier sont proposées à la fin de chaque saison. Le prix du ebook est alors de 4,99€ (sinon à raison de six épisodes, le premier gratuit, les cinq autres à 0,99€ chacun).

Avis de Marnie

Si l’on reprend la définition de "Pulp", c’est l’abréviation de "pulp magazines" des publications "populaires" soit peu coûteuses sur du papier de mauvaise qualité, où des auteurs faisaient paraître leurs nouvelles sous forme de feuilleton, que les américains s’arrachaient pendant la première moitié du XXème siècle. Certains écrivains sont aujourd’hui mondialement connus (Asimov, Bradbury, Hammet, Gardner, Lovecraft, Dick...) et le genre a acquis ses lettres de noblesse avec la palme d’Or à Cannes du film de Tarentino, Pulp Fiction (sans oublier qu’un certain Charles Bukowski publia son dernier roman intitulé Pulp une parodie de polar dédiée à la littérature de gare).

Lancée l’année dernière par l’éditeur numérique La Bourdonnaye, la collection Pulp joue à fond la carte déjantée et parodique avec cette première saison de Meurtre low cost où une respectable mère de famille s’est transformée en tueuse professionnelle mais à petit coûts... elle organise des "accidents" pour débarrasser ses clients de proches encombrants et/ou insupportables. La voici qui a contacté un journaliste pour raconter son quotidien, expliquer ses motivations, et aussi le fameux "comment en suis-je arrivée là". L’auteur utilise un langage soigné, et son enthousiasme pour l’écrire est plus que perceptible. Il est clair qu’elle s’est amusée !

Isabelle Bouvier réussit ce qui est le plus difficile dans cet exercice : La construction sous forme d’épisodes et qui à chaque fois sont parfaitement calibrés et maîtrisés, et bien sur, le ton... jubilatoire, qui fleure bon le Tarentino, mais celui de Reservoir Dogs. Elle parvient également à terminer de manière astucieuse son roman. Bien évidemment, nous nous attendions à un coup de théâtre, mais celui est très bien orchestré. Nous apprécions les petits soucis pratiques de notre assassin, qui s’attarde sur les vicissitudes d’une profession où l’on fait appel à certaines qualités comme l’intelligence, l’imagination (et un bon état physique).

L’ensemble est "sympathique". On regrette juste un peu le cynisme continuel de notre héroïne dont il aurait été intéressant d’approfondir le caractère en le nuançant. Certes, il n’était pas possible de le faire évoluer puisqu’il ne s’agit pas d’une intrigue, mais d’une sorte d’autobiographie centrée sur la profession de Anna. Isabelle Bouvier met en scène des anecdotes commentées par cette "sympathique" quadragénaire qui lorgne du côté de serial mother (film réalisé en 1994 par John Waters où Kathleen Turner assassine tous ceux qui dérangent sa petite famille).

Nous pouvons lire un épisode en allant au travail, en une vingtaine de minutes, et reprendre la semaine suivante le prochain. Tout à fait dans l’esprit d’un Pulp !

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