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samedi 17 mai 2014

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Une soirée avec... Tamara McKinley

De passage à Paris, la britannique / australienne Tamara McKinley, auteur de best-sellers vendus dans le monde entier (plus de 2 millions d’exemplaires) est venue soutenir la sortie du dernier roman de sa trilogie "Oceana"l’Or du bout du monde, après les excellents , la terre au bout du monde, et les pionniers du bout du monde. Le deuxième tome paraît en Archi-Poche...

C’est ainsi que ce lundi 12 mai, cinq blogueuses et moi-même l’avons rencontrée, à l’initiative des éditions l’Archipel, dans le cadre toujours aussi sympathique, "le Pain Quotidien", 18 rue des Archives situé dans le quatrième arrondissement de Paris, autour d’un dîner où nous avons pu dans une ambiance plus que conviviale poser des questions à l’auteur, qui était accompagnée par son mari, et échanger nos impressions entre nous.

Tamara McKinley a tout d’abord souhaité axer cette saga sur un homme, mais son agent lui a dit "non" !, tu dois écrire sur de forts personnages féminins ! Mais, notre auteur qui semble avoir un caractère déterminé nous a affirmé que cela ne l’a pas empêché de mettre des "hommes" dans cette saga, qu’ils soient forts, beaux, faibles, méchants... mais il y en a ! Tamara vit avec ses personnages... elle rit avec eux, pleure avec eux, ils sont dans sa tête lorsqu’elle les fait évoluer, se demande comment ils vont réagir, ce qu’ils font pour vivre, leurs relations avec les autres... elle a beaucoup de mal à les quitter. Comme nous, dans cette trilogie c’est Nell qui est son héroïne préférée !

Si elle les apprécie autant, c’est aussi peut-être parce qu’elle connaît tout de leur ressenti sur le sujet de l’exil. Née et ayant vécu en Australie pendant son enfance, Tamara est venue en Angleterre pour passer des vacances en Angleterre chez sa grand-mère, ses proches lui cachant qu’elle allait en fait s’installer dans ce "nouveau" pays. L’adaptation a été une vraie gageure... Elle a ressenti une profonde solitude : coutumes, façon de parler, habitudes, nourriture, niveau scolaire... tout a été source de difficulté. En fait comme elle le dit elle-même : Australienne, elle ne comprenait rien de la vie en Angleterre, et quarante ans plus tard, lorsqu’elle est retournée voir une partie de sa famille, britannique, elle ne comprenait plus rien de l’Australie...

Notre auteur a vécu plusieurs vies avant de se lancer dans l’écriture... C’est en lisant Exodus, de Leon Uris, que Tamara McKinley a souhaité écrire, elle-aussi des fictions sur fond de vérité historique. C’est la raison pour laquelle nous retrouvons dans son histoire des personnages de fiction comme héros, aux côtés de personnes ayant vraiment existé, comme le capitaine Cook. Après avoir travaillé et élevé ses enfants, elle se lance tout d’abord dans l’écriture de thrillers ou romantic suspenses. Cette admiratrice de Stephen King, Coleen McCullough, Penny Vincenzi, Rosamund Pilcher, Lesley Pears, Peter James a retrouvé le pays de son enfance et y a trouvé l’inspiration pour écrire ses romans, le tout d’abord très célèbre "la dernière valse de Mathilda"... mais aussi cette trilogie qui raconte la colonisation de l’Australie.

Pour écrire, Tamara s’est énormément inspirée de ses récents voyages en Australie. Même si ses histoires se déroulent dans le passé, si l’on sort des grandes villes, la campagne, le bush ou les forêts n’ont pas changé depuis deux siècles, si la vie s’est un peu plus modernisée, évidemment, l’atmosphère, les paysages, le rythme, rappelle l’Australie découverte par Cook. L’auteur respire intensément cet air, ressent ces odeurs au plus profond d’elle-même, écoute ces bruits d’animaux, s’imprègne donc de l’essence de son pays d’origine pour mieux nous faire éprouver les sentiments de ses personnages.

Tout en décrivant la vie extrêmement difficile de ces colons qui venaient de tous les horizons, pour s’installer dans des lieux souvent inhospitaliers et surtout très isolés (incendies, crues, sécheresse...) L’auteur souhaitait aussi montrer comment ont été traités les aborigènes pendant cette période de colonie pénitentiaire. Non seulement, il y a eu des massacres, mais ils ont été abusés, maltraités, poursuivis, séparés. On a aussi tenté de leur faire oublier leurs traditions, leur culture, leur passé... alors qu’ils mourraient de maladies transmises par les conquérants blancs, ou par l’alcool.

Tamara McKinley est une femme pleine d’humour. Elle nous a raconté quelques anecdotes, comme l’éditeur anglais qui a mis en couverture pour son roman le plus célèbre "La dernière valse de Mathilda" où l’action se situe dans une station ou plutôt "sheep station" (élevage de moutons) une vache... Si elle doit rendre un manuscrit elle travaillera jusqu’à 3 heures du matin, mais, jamais, jamais le dimanche ! Elle nous a imité des personnages pittoresques de sa famille, et nous a offert un aperçu de la vie dans un hameau anglais... en pleine campagne, entourée d’oiseaux, d’écureuils, de chats, ses démêlés avec des chevaux, avec un seul pub pour se ressourcer ! Tamara est aussi une vraie cinéphile et ce fut un plaisir de parler des grands classiques des années 40 et 50, sans oublier Horizons sans frontières (the sundowners - 1960) un film de Fred Zinnemann avec Robert Mitchum et Deborah Kerr où l’on découvre le quotidien d’une famille, voyageant en caravane dans les années 20 en Australie, se déplaçant de station en station dans le bush...

Trois heures où l’Australie ne nous a jamais semblé aussi proche !

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