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vendredi 13 juin 2014

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Rien de moins que toi, de Lee Brazil


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Collection: date
Edition: Collection
Genre: romance M/M

Résumé

Une erreur de jeunesse conduit à une rencontre humiliante entre Nicholas Danville et Lord Victor Ware. Nicolas rentre chez lui en disgrâce et Victor continue sa vie dans le Ton. Des années plus tard les parents désapprobateurs de Nicholas l’envoient en ville pour retrouver un certain polissage avant qu’il se prépare à sa vie en tant que membre du clergé.

Une rencontre fortuite avec un vieil ami conduit à une nouvelle confrontation entre Nicholas et Victor. Cette fois, l’attraction entre eux brûle plus fort, Nicholas est suffisamment âgé pour savoir ce qu’il veut et Victor a fini de renier ce qu’il est.

De salles de bal aux jardins en passant par l’opéra, Victor veut prouver qu’une liaison passionnée entre deux hommes est possible, même sous le regard étroit du Ton.

Avis de Phalusia

Un style délicieusement suranné, un vocabulaire raffiné et précieux qui convient parfaitement à une époque sensuelle aux mœurs licencieuses, on se laisse facilement entrainer par les amours contrariés de Lord Victor Ware et Nicholas George Danville. C’est une belle histoire où Lee Brazil révèle une nouvelle facette de son talent démontrant qu’il est capable d’écrire aussi bien des romances légères et divertissantes que d’autres plus profondes avec une richesse de détails qui montre la recherche qu’il a dû faire afin de donner une vraie crédibilité à son histoire.

Le récit se compose de trois parties bien distinctes qui conviennent à la perfection à l’histoire et elles permettent à Lee Brazil de bien nous décrire le parcours compliqué que vont parcourir nos deux héros. Pas tellement à cause des convenances, car cette période de l’histoire permettait aux aristocrates de faire quasiment tout ce qu’ils désiraient y compris pratiquer une sexualité honnie par l’Église tant que celle-ci était discrète et effectuer dans des lieux spéciaux. Non c’est sur un plan émotionnel que la difficulté se pose, Nicky sait que la position de son amant l’obligera à se marier si ce n’est par amour c’est par devoir pour continuer la lignée.

La première nous décrit les circonstances de la rencontre entre Victor et Nicolas, ainsi que leurs retrouvailles deux ans après où leur relation s’enclenche. Nicolas Danville, troisième fils d’un baron a toujours été fasciné par le frère ainé de son meilleur ami Peter avec qui il entretient une amitié très particulière. La seconde partie plus sensuelle voit la relation s’installer, mais assez frustrante pour Victor, faite surtout de rendez-vous coquins plus ou moins poussés, de réflexions sur leurs désirs à chacun. La troisième partie enfin, voit Nicky accepter l’inexorable, prendre conscience qu’il désire accorder sa dernière virginité à l’homme qu’il aime, que vivre des instants de passion et d’amour seront des moments qu’il conservera pour endurer la voie que son milieu social lui oblige à prendre.

Lee Brazil fait un remarquable travail sur le personnage de Nicholas, décrivant le long chemin de ses pensées, ses envies, ce qui le fait hésiter et pourquoi. À aucun moment, il ne rêve à autre chose sachant exactement ce qu’il endurera s’il déroge à son rôle et pas uniquement de la part de sa famille, mais également de cette société du dix-neuvième siècle. Le caractère de Victor étant plus lisse, non pas qu’il soit fade simplement l’auteur le fait coller à la réalité de l’époque, les aristocrates sous la régence pouvaient parfaitement vivre la vie qu’ils désiraient même dans la pire débauche, à partir du moment où ils respectaient les codes. C’est en cela que l’analyse de Victor est plus simple, il colle parfaitement aux dictats du Ton.

Cette romance historique est absolument délicieuse, courte, mais malgré tout complète avec une fin parfaite. Il faut saluer le travail de l’auteur qui a su parfaitement coller son écriture pour retranscrire l’ambiance et le ton de cette époque. De même il distille à travers son récit, les descriptions détaillées de la vie d’un dandy, la vie dissolue de l’aristocratie anglaise sous le règne de l’extravagant Georges IV sans alourdir le rythme. Et une mention spéciale à la traductrice qui a fait un travail remarquable en respectant les codes d’écriture de cet anglais un peu précieux typique du 19e siècle.

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