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dimanche 27 juillet 2014

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Les âmes perdues, de Dutch Island, de John Connolly


Date: 3 avril 2014
Collection: Sang d’Encre
Edition: Presses de la Cité
Genre: suspense surnaturel
Prix: 22,00 €

Présentation de l’éditeur

Depuis quelques années, Marianne vit seule avec son fils à Dutch Island, petite île pittoresque de l’Etat du Maine. Elle a choisi cet endroit isolé pour échapper à son mari, Moloch, un criminel particulièrement violent et dépravé qui la maintenait sous sa coupe. Aujourd’hui Moloch croupit en prison. Du fond de sa cellule, il fait des rêves étranges auxquels il se sent lié. Il y est question de piraterie, de massacres et de pillages. Une histoire qui ressemble étrangement à celle des premiers colons de Dutch Island, autrefois appelée Sanctuary. Cette histoire, Joe Dupree, l’unique policier local, en est le dépositaire.

Apprécié de tous, Joe garde un statut particulier dans l’île. La faute à son regard, toujours triste, qui lui vaut le surnom de Mélancolie Joe, et à sa stature de géant. Ces derniers temps, il a senti un changement dans l’île. Les anciens du village aussi. Il y a une recrudescence des événements singuliers dont Dutch Island a toujours été le théatre. Des apparitions de silhouettes à l’orée des bois. Une densification anormale de la végétation. Quelque chose est à l’oeuvre. L’orage se prépare.

A la faveur d’un transfert, Moloch s’échappe grâce à l’aide de complices. Dans sa tête résonne l’écho d’un cri : vengeance. Mais reste à savoir s’il en sera le bras armé ou la victime...

Avis de Marnie

Une très bonne idée d’avoir laisser Charlie Parker se reposer un peu... Ses aventures devenaient redondantes.

L’irlandais John Connolly met en scène une ambiance à la Stephen King, pour son nouveau thriller fantastique... Nous voici dans une île perdue au cœur du Maine, où la communauté s’est soudée trois cent ans auparavant sur fond de tragédie et de violence. Si l’auteur a laissé de côté son héros récurrent Charlie Parker (pas tout à fait oublié si l’on remarque les clins d’oeil !) c’est donc pour nous concocter une intrigue où se mélangent tempêtes venues du ciel, de la mer et aussi de l’enfer... tempêtes surnaturelles, météorologiques, et violence humaine !

Alors oui, il y a du Stephen King dans cette façon de jouer avec les éléments et l’âme humaine. On en oublie le surnaturel, vu qu’il souligne en fait les turpitudes qui nous habitent. Cependant, il y a aussi de la poésie irlandaise dans cette manière d’intégrer peu à peu, par petite touches décalées, dérangeantes, les petits détails "fantastiques" qui soudain détonnent dans cette atmosphère où les gens renfermés sur eux-mêmes, proches de cette nature qui cohabite si bien avec leur mode de vie, sentent soudain que l’enfer va se déchaîner sur terre.

John Connolly possède cette singularité attachante, d’être aussi bon lorsqu’il décrit la tension montante, que la violence gore presque jubilatoire. Ses personnages sont attachants... le taciturne, presque timide Joe Dupree, dépositaire des secrets de l’île, mais aussi le jeune Danny, qui découvre cette nature sauvage et mystérieuse... sans oublier des personnages pittoresques qui enrichissent ce contexte comme Jack, un peintre pas comme les autres.

L’auteur nous fait tout bonnement oublier une intrigue qui n’a rien d’innovante, et même plutôt classique. C’est ça le talent... se réapproprier un sujet que l’on a lu cent fois, mais qui nous donne l’impression de le découvrir pour la première fois. Ici, il ne s’agit pas d’une métaphore lorsque l’on dit que le calme précède la tempête. Le contraste entre cette vie communautaire basée sur l’isolement et l’enfer qui va se déchaîner sous nos yeux n’en sera que plus impressionnant !

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