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jeudi 24 juillet 2014

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Wife number seven de Melissa Brown


Date:19 juillet 2014
Collection:
Edition:auto-édition
Genre: romance contemporaine
Prix: 3,02 €

Résumé de l’éditeur

Lipstick. Bright, red lipstick. Nothing but lipstick. Even though it’s against our faith to wear a color that screams of sexual promiscuity and deviant behavior, I’m not allowed to protest. But, I want to. So badly.

You see, there’s more to me than the braid that spills down my back. More to me than the layers of heavy fabric that maintain my modesty. And so much more than the oppressive wedding band that adorns my finger—the same band that each of my sister wives wear. So much more. To protest would be sinful. I must keep sweet, that is my duty.

So I’ll wear the lipstick. I’ll do as I’m told. And I’ll do my best to silence the resistance within me, to push him from my mind. If only my heart would do the same.

Avis de Callixta

On ne dira jamais assez à quel point les auteures américaines osent ces temps-ci dans la romance contemporaine. Après Tillie Cole, qui avait confronté une jeune femme issue d’une communauté religieuse dirigée par un gourou à un président d’un club de motard, nous voilà plongés au cœur d’une autre secte, celle des Mormons fondamentalistes qui prônent entre autres la polygamie. L’héroïne, Brinley, est la septième épouse de l’un des piliers de la communauté dans l’Utah. Elle est née au cœur du groupe, n’a jamais vraiment connu une autre éducation mais croise les gens de l’extérieur régulièrement lors des visites qu’elle fait en ville pour des courses. Evidemment, sa vie extrêmement bien rangée va changer un beau jour lorsqu’un garçon qu’elle connaît va tenter de lui voler son sac.

Cette histoire est un vrai plaisir intelligent qui traite un sujet hyper difficile dans la romance avec subtilité et sans jamais tomber dans la caricature et cela aurait été très facile. Tout repose sur Brinley, qui nous raconte son histoire.Ce qui est très bien vu c’est que Brinley ne va pas devenir une rebelle, elle ne cherche en aucun cas à faire tomber sa communauté et ne la rejette même pas dans ses grandes lignes. La seule chose est que la jeune femme tient à sa liberté et quand le roman commence, elle a déjà pris des mesures personnelles pour échapper à la dure règle de la communauté. Brinley n’aime pas son époux mais cette notion est étrangère aux membres du groupe et n’accepte pas d’être la septième et dernière, pour le moment, d’un groupe de femmes qu’elle appelle ses sœurs. Brinley ne va pas donc pas être entrainée vers la liberté par un élément extérieur, elle a déjà en elle le refus de la soumission. Que l’amour qu’elle porte à Porter, un ancien membre du groupe, chassé par celui-ci est un plus pour nous. C’est l’élément romantique de cette histoire, parfaitement réussi et très présent mais l’histoire va bien au-delà. C’est aussi la confrontation de deux mondes. Porter est devenu un marginal qui travaille mais se drogue également, qui vit en marge de la société dans lequel on l’a rejeté. C’est donc la pureté opposée au vice du moins en apparence.

Tout est passionnant dans ce roman. La façon dont est décrit le fonctionnement de la communauté est remarquable. Loin de caricaturer les membres, de montrer des femmes asservies et soumises, l’auteure souligne que cette vie peut convenir à certaines. Parmi les sept épouses de Lehi, celui qui est le mari de Brinley, il y a toutes les situations possibles. L’auteure mettra l’accent sur trois d’entre elles au delà de l’héroïne. Chacune vit de façon personnelle d’être une épouse qui partage son mari. Il n’y a pas de jugement mais plutôt une démonstration que ces règles hors d’âge, d’une rigidité terrible tuent toute liberté et sont bien difficiles à défendre aujourd’hui.

Quant à l’intrigue, elle est bien plus subtile qu’il n’y paraît au début. On comprend vite que Brinley ne pourra pas continuer comme avant dans sa communauté. Mais pendant qu’elle avance intérieurement vers cette idée, les autres vivent autour d’elle et certains évènements lui échappent. Tout prendra progressivement sa place et aboutira à dénouer la situation de la jeune femme et celle de Porter. Soulignons aussi la réussite qu’est ce personnage. Il est émouvant et fragile, paria dans la communauté, éliminé par les autres et lâché dans un monde où il n’a pas sa place. Il incarne toute la difficulté qu’il y a à s’intégrer dans la société normale et à conquérir sa liberté quand on a été élevé dans une communauté aussi fermée.

Voilà un très beau roman, qui dénonce subtilement ces communautés seulement en soulignant les incohérences, les privations de liberté insupportables qu’elles imposent au nom de Dieu. Mais c’est aussi un hymne à la liberté qui se conquiert, dont la flamme ne s’éteint jamais dans certains esprits quoi qu’on fasse pour l’étouffer. Un beau message et un jolie romance en plus.

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