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samedi 16 août 2014

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Les révolutions de Jacques Koskas, de Olivier Guez


Date: 14 août 2014
Collection: Domaine Français
Edition: Belfond
Genre: roman satirique
Prix: 19,00 €

Présentation de l’éditeur

" Jacques déplia son long corps et se frotta les yeux en bâillant, aveuglé par les néons de la synagogue séfarade de la bonne ville de S. Il desserra son nœud de cravate, comme chaque année, le bedeau avait mal réglé le chauffage et Jacques s’ennuyait ferme à Kippour. " Ainsi commencent les péripéties tragicomiques de Jacques Koskas. Il rêve d’aventures mais savoure les petits plats de sa maman, oscille entre son pur esprit et la chair accueillante de ses maîtresses callipyges, cornaque un joueur de foot au soleil du Brésil et songe à ressusciter l’empire austro-hongrois. Jacques jouit mais avec entraves. Jacques pense la révolution, mais sexuelle. Jacques, c’est terrible, s’appelle Jacques, comme son père. Mi-don Quichotte mi-don Juan, notre héros tourne, vire, et, tant bien que mal, insupportable et attachant, looser magnifique et idéaliste improbable, mène son épopée vers la seule cohérence que son destin lui permet.

Avis de Marnie

Voici le type même du roman qui ne vous donne qu’une envie, vous revoir les cinq meilleurs films de Woody Allen ! En fait, le cinéaste a déjà tout dit, tout écrit avec de l’humour en prime (même si lui ciblait les ashkénazes alors que notre auteur s’attaque férocement aux séfarades). Olivier Guez est certainement très brillant : esprit acéré, regard vif et intelligent sur les liens politico-financiers avec le sexe le tout englué dans notre égoïsme personnel qui enfonce son personnage au lieu de lui permettre d’avancer. Bon d’accord, n’oublions pas bien-sur : et Dieu dans tout cela ?

Pour ce premier roman, Olivier Guez oublie juste quelque chose dans cette démonstration pessimiste qui se veut humoristique : nous rendre son insupportable anti-héros : sympathique, un peu attachant... Et malheureusement, nous nous ennuyons ferme avec cette description méthodique de ces errances sexuelles matinées de critiques économico-sociétales, où tout ce qui nous paraît indispensable dans notre quotidien est cyniquement dénoncé. Jacques se veut idéaliste, voudrait vivre des passions qui le transporteraient, le sublimeraient... mais par sa propre faute, n’est qu’un "juif errant" victime de ses désirs vains.

Entre fuites, évitements, lâchetés en tous genres... Jacques n’affronte rien, ne pense qu’à lui, éternellement insatisfait, frustré, malheureux, décevant tout le monde, lui le premier... Le souci c’est que nous le cataloguons ainsi dès les premiers paragraphes, et que même si Jacques court dans tous les sens, tout ça ne nous mène pas loin, au point que l’on se demande s’il y aurait un autre message à cette histoire, qui devient très très longue... mais non, Olivier Guez malmène son personnage avec une sorte de jubilation sinistre. Jacques se perd et au passage, nous a perdu !

Mots clés de l'auteur :

Guez Olivier
   Les révolutions de Jacques Koskas, de Olivier Guez
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