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lundi 18 août 2014

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Les hommes meurent les femmes vieillissent, de Isabelle Desesquelles


Date: 14 août 2014
Collection: Domaine français
Edition: Belfond
Genre: roman
Prix: 18,00 €

Présentation de l’éditeur

Dix portraits de femmes. Quatre générations. Une famille. Naître, grandir, aimer, donner la vie ou mourir, elles sont toutes à la veille de ces heures qui marquent une existence.

« La bouche la plus scellée n’empêchera pas un corps de révéler ce qu’on a fait de lui. »

Elles sont dix. Mères, soeurs, cousines, petites et arrière-petites-filles, elles vont chercher un oubli à L’Éden, l’institut de beauté d’Alice. Certaines sont au bout de leur existence, d’autres au début.

Tour à tour, elles dévoilent leurs secrets, leur fragilité aussi. Sans rien dissimuler, elles disent la jouissance et la défaite, l’allégresse à aimer et les renoncements. Les rides et les bonheurs.

Toutes sont terriblement attachantes et font face à un silence qu’elles apprivoisent. Celui d’Ève, l’absente, sans laquelle elles ont appris à vivre. Autour de son souvenir, elles réapprendront à être une famille.

Fantasques, mélancoliques et troublants, les hommes meurent, les femmes vieillissent.

Avis de Marnie

Une idée toute simple... un récit "choral" avec un point d’ancrage. Alice observe quelques femmes de tous âges qui viennent passer un petit moment dans son salon. Chacune se raconte. Pour se sentir belles ? Mieux ? faire le point sur leur existence ? se confier ? Partager ? simplement parler ? scruter leur corps, cet ennemi/ami fascinant. Liées par une tragédie survenue une quinzaine d’année auparavant, ce suicide hante ce récit, même pour celles qui n’ont pas connu Eve, la disparue.

En quelques paragraphes, plusieurs portraits défilent devant nous. Caroline, Lili, Barbara ou même cette autre Eve, ces femmes qui se racontent sans complaisance, où leur physique fait intrinsèquement partie de leur introspection. Isabelle Desesquelles, avec une lucidité inquisitrice, sait parfaitement jouer la carte de l’ambivalence : futilité et profondeur, intelligence et bêtise, perfidie et bonté, chaleur et indifférence, égoïsme et altruisme, compréhension et aveuglement, lâcheté et courage, colère et apaisement... Caroline, Lili, Barbara... vous êtes elles, vous êtes vous !

Nous nous laissons totalement séduire par ce récit où l’on parle du corps pour mieux nous faire partager ces manques, ces erreurs de parcours, ces échecs, ces aspirations... Ce physique qui change inexorablement alors que l’on pense à l’amour, l’amitié, la famille, la vie, la mort. Le ton est plus amer que doux, teinté d’humour noir ou d’ironie douloureuse, avec comme interrogation latente le point central du roman : le suicide. Un renoncement ? Une acceptation ? la souffrance et la culpabilité pour ceux qui restent. Comme cela sonne très juste !

Un très beau livre.

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