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lundi 25 août 2014

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Damnés, de Chuck Palahniuk


Date: 21 août 2014
Collection:
Edition: Sonatine
Genre: fantastique
Prix: 21,00 €

Présentation de l’éditeur

Madison, 13 ans, est la fille d’une star du cinéma et d’un producteur milliardaire. Élevée dans la religion du fun et de la culture pop, elle passe un Noël ennuyeux seule dans son pensionnat en Suisse, tandis que ses parents se consacrent à leurs projets professionnels et à l’adoption d’orphelins du tiers-monde. Mais un événement inattendu va venir illuminer ses vacances : sa mort subite. Débarquée en enfer, elle y fait la connaissance d’une bande de jeunes marginaux, une jolie fille, un sportif, un geek et un rocker, soit la version Six Feet Under de Breakfast Club. Alors qu’elle se lance dans l’exploration de ce nouvel environnement, qui lui réserve de multiples surprises, Madison se remémore sa courte existence pour essayer de comprendre ce qui a bien pu la mener à la damnation. Pour découvrir, aussi, les raisons de sa mort.

En enfer, vous ne pouvez pas faire un pas sans bousculer quelqu’un de célèbre : Marilyn Monroe, James Dean, Susan Sontag. River Phoenix, Kurt Cobain. John Lennon, Jimi Hendrix, Jim Morrison, Janis Joplin. Un Woodstock permanent. Mais si l’enfer est pavé de bonnes intentions, la prose de Chuck Palahniuk ne l’est pas. Et le royaume de Satan qu’il décrit, frappé de tous les vices imaginables et de quelques-uns imaginés pour l’occasion, comme celui consistant à torturer les damnés en leur projetant en boucle Le Patient anglais, n’est rien comparé à son portrait ultradécapant du show-biz et des hautes sphères de notre société.

Avis de Marnie

Même si Chuck Palahniuk semble s’être éloigné de l’univers de Fight Club, ces dernières années, la dénonciation de l’american way of life qui est sa marque de fabrique, reste toujours aussi virulente, aussi puissante. Ici, il réécrit le très censuré roman pour adolescentes de 13 ans, Dieu, tu es là ? C’est moi Margaret, donc de la déjà très controversée Judy Blume (la première à avoir parlé dans ses écrits de menstruation, masturbation et autres "soucis" adolescents, entraînant les foudres de la droite américaine).

Ici, l’adolescente pré-pubère se prénomme Madison, fille d’une star de cinéma et d’un producteur milliardaire, tous deux adeptes new-age, de substances illicites, athées au service du bouddhisme, sorte de "faites l’amour pas la guerre" adoptant des enfants devant la caméra pour les placer dans des institutions le lendemain... Madison se souvient seulement qu’elle est morte d’une trop forte dose de Marijuana. Mais est-ce la vérité ? Chuck Palahniuk n’est jamais aussi bon que lorsqu’il raconte le quotidien de Madison lorsqu’elle était vivante. Il dégomme la "gauche" hollywoodienne et la nouvelle religion, le dieu dollar.

La dénonciation de l’hypocrisie de la morale américaine (avec ou sans religion) est très réussie. Ainsi nous sourions lorsque l’auteur reforme une petite équipe façon le cultissime Breakfast Club. Il oppose alors la lecture pour adolescents d’œuvres "romantiques" des sœurs Brontë, de Jane Austen, ou même des films comme la leçon de piano, à la jubilatoire crudité du sexe... ce sexe qui obnubile Madison, tout en la dégoûtant, demande et rejet, fascination et détestation, tout comme ce qu’elle ressent pour les siens et qu’elle a bien du mal à définir par manques de repères, d’attention et d’amour.

C’est un peu du côté de l’enfer que ce roman devient moins convaincant, même si l’hommage au cultissime film Hellzapoppin, est évident. Nous nous perdons un peu dans cet univers un peu bizarre dont on se fiche un peu. Ainsi, Madison qui en quelques paragraphes monte en grade en donnant des raclées à tous les tyrans qui passaient par là.... Ou est l’intérêt ? Bien plus amusant, le passage sur le télémarketing, où Chuck Palahniuk règle son compte à la société de consommation et à Internet. Par contre, l’aspect malicieux de montrer à quel point l’enfer est attrayant par rapport au paradis est jouissif ! Le questionnaire (tout comme certaines explications qui viendront plus tard) donné à l’entrée pour savoir où l’on est destiné à se rendre, montre à quel point l’intolérance règne au paradis. Les critères sont même si élevés qu’il est impossible d’y aller (mais qui le voudrait alors qu’on peut se goinfrer de sucreries en enfer ?)

Donc, entre délire verbal assurément allumé (c’est Chuck Palahniuk, ne l’oublions pas !), qui flirte avec le grand n’importe quoi mais aussi une réflexion profondément pessimiste sur l’aspect superficiel de nos existences de "privilégiés"... ce roman interpelle, et c’est déjà beaucoup !

Mots clés de l'auteur :

Palahniuk Chuck
   Damnés, de Chuck Palahniuk
   snuff, de Chuck Palahniuk
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