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jeudi 4 septembre 2014

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La mer les emportera, de Nick Dybek


Date: 28 août 2014
Collection:
Edition: Presses de la Cité
Genre: roman
Prix: 20,00 €

When captain Flint was still a good man (2012)

Présentation de l’éditeur

Dans le Grand Nord américain, non loin de l’Alaska, les hommes de Loyalty Island partent chaque automne pêcher le crabe royal. Pendant plusieurs mois, ils bravent l’océan, au péril de leur vie, pour ramener ce qui permettra à leurs familles de survivre. Alors, quand John Gaunt, le riche propriétaire de la flotte, se meurt, c’est toute une communauté qui est menacée de disparaître.

Chez les Bollings, ce décès imminent exacerbe les tensions entre les parents de Cal. Henry, son père, est obnubilé par le sort de l’entreprise, dont l’unique héritier des Gaunt ne se soucie guère. Il est prêt à tout pour sauver son avenir et celui des autres marins. Tout. Y compris les actes les plus inavouables.

Mais Cal devine ses projets. Dès lors, le garçon se retrouve confronté à un insoluble dilemme. Doit-il dénoncer le héros de son enfance, ou se taire ? Des années plus tard, Cal, désormais adulte, est toujours hanté par ce choix...

Un roman puissant, au style riche et évocateur, qui explore avec intelligence le bien, le mal et les multiples nuances qui les lient l’un à l’autre.

Avis de Marnie

La quatrième de couverture traduit parfaitement le dilemme auquel Cal est confronté, mais aussi l’atmosphère de ce roman plus amère que douce. Notre héros raconte des événements qui se sont produits une quinzaine d’années auparavant, en 1986, alors qu’il n’avait que quatorze ans. Nous réalisons peu à peu, alors qu’il est âgé de 28 ans, il n’arrive pas à surmonter la décision qu’il a prise... Il faut admettre qu’il n’y avait pas de bon ou de mauvais choix, seulement la perte de l’innocence et des illusions de l’adolescence.

La grande force de ce premier roman est la description toute en nuances, la fascination mêlée de peur et de rejet, de cet univers rude et difficile de pêcheurs. Nous parvenons tout à fait à comprendre les raisons pour lesquelles ces marins vont être entraînés à sacrifier intégrité et famille, alors que Cal regarde ce petit monde s’écrouler autour de lui. C’est ce sentiment de frustration intense, de colère et d’amertume qui ressort avec beaucoup de puissance à la lecture du livre.

Dans un style très simple, Nick Dybek dresse une analyse froide de la progression des événements. Parallèlement, il décrit les facettes évolutives des personnages dont les excès et les limites se découvrent peu à peu, tout en intégrant par petites touches nerveuses le ressenti à fleur de peau de cet adolescent désemparé. Il est rapidement évident que l’auteur revisite le roman de Robert Louis Stevenson, l’île au trésor.

En effet, Cal est fasciné non pas par le jeune héros Jim Hawkins, mais par les pirates et notamment le capitaine Flint victime de son obstination à vouloir cacher son or, sur lequel son père invente des histoires. Le titre américain est : When captain Flint was still a good man... L’auteur réussit à montrer le moment où le destin d’un être bascule, le moment où il ne devient pas mauvais mais où d’homme bon, il faillit malgré la culpabilité que cela entraîne pour lui mais aussi pour les siens.

Une histoire simple, avec en toile de fond des côtes battues par la mer et les vents, cris des mouettes et odeur de poissons, l’ensemble étant imprégné dune sourde mélancolie et d’un profond désenchantement singulièrement émouvant.

Mots clés de l'auteur :

Dybek Nick
   La mer les emportera, de Nick Dybek
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