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samedi 6 septembre 2014

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Dernier requiem pour les innocents, de Andrew Miller


Date: 4 septembre 2014
Collection:
Edition: Piranha
Genre: roman historique
Prix: 18,00 €

Présentation de l’éditeur

En 1785, Jean-Baptiste Baratte, jeune ingénieur normand tout juste diplômé, est chargé par le ministre du roi de vider le cimetière des Saints-Innocents avant de le détruire. Situé en plein coeur de Paris, c’est le plus ancien de la ville ; depuis plusieurs années déjà, il déborde et l’odeur nauséabonde qui s’en dégage menace la santé des riverains.

Jean-Baptiste envisage d’abord sa mission comme une chance d’en finir avec un passé archaïque, une tâche à la hauteur de sa modernité d’homme épris de la philosophie des Lumières. Il ne tarde pourtant pas à se demander si cette démolition n’est pas le prélude à sa propre destruction.

Andrew Miller plonge le lecteur dans le Paris de la fin du XVIIIe siècle, celui des petites gens et des commerçants qui vivent autour du cimetière, et restitue brillamment le bouillonnement intellectuel dont la France est le théâtre à la veille de la Révolution.

Avis de Marnie

Voici un roman, dont les premières pages déconcertent le lecteur... qui pourraient même le décourager, sans que l’on comprenne vraiment pourquoi, une sorte de style un peu gothique, où l’on nous montre la cour de Versailles, comme un château fantôme où le héros ouvre des portes et croise des un ou deux personnages qui semblent totalement déconnectés de la réalité... vocabulaire un peu alambiqué et précieux, un ton qui se focalise beaucoup plus sur les impressions que sur les descriptions et puis voilà que nous nous laissons totalement emportés par ce récit, de plus en plus passionnant...

Tout est de en fait de plus en plus intéressant, avec ce jeune provincial qui découvre un Paris étrange, inquiétant, surprenant, ce quartier où cette population inter-réagit en fonction de l’influence de ce cimetière qu’il est impératif de détruire. L’excellente idée de Andrew Miller, est de s’être focalisé sur les petites gens, les commerçants, employés, artisans, petits bourgeois... dont le mécontentement est grandissant, à l’aube de la révolution. Peu à peu, alors qu’il se fait un point d’honneur d’obéir aux ordres de l’Etat, paradoxalement, Jean-Baptiste se laisse emporter par cette rébellion sous-jacente, symbolisée par ce refus de voir transformer le cimetière.

Son choix sentimental de plus en plus affirmé, sa façon tout d’abord peu enthousiaste de prendre cet immense chantier en mains, puis de plus en plus volontaire, est plus que réussie. Plusieurs lectures de ce roman se font alors : la place des femmes dans cette société, les anciennes croyances, les idées subversives des grands intellectuels de l’époque pas spécialement comprises par le peuple, la distance entre l’Etat, la Cour, et les gens de la rue, la Province et Paris, la folie latente dont on ne sait pas si elle provient de l’insalubrité dangereuse liée à la proximité du cimetière, ou de l’atmosphère insurrectionnelle qui menace d’exploser. Comme pour mieux souligner ces paradoxes, la galerie de portraits est tout à fait nuancée, approfondie.

Un roman étonnant... qui se révèle tout à fait séduisant !

Mots clés de l'auteur :

Miller Andrew
   Dernier requiem pour les innocents, de Andrew Miller
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