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jeudi 18 septembre 2014

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Onzième nouvelle : Mon choix, de Laetitia Robillard

Nous nous retrouvions seuls pour la première fois depuis cette soirée et sa stupide mise en scène. Ce soir-là, la belle blonde accrochée a son bras, a fait tourner beaucoup de têtes et pas que celles d’hommes d’ailleurs. Je ne l’avais pas revu depuis, mais je n’avais oublié aucun détail de son visage, ses cheveux bruns un peu longs sur la nuque où mes doigts se sont agrippés, son regard brun poser sur moi.

Je ne savais que lui dire ou plutôt par quoi commencer, la voilà la vérité !

J’attendis que son regard croise le mien et lui dis :

- Salut Stan.

Il me répondit mal à l’aise.

- Salut Vince, je ne m’attendais pas a te voir ici.

- Ça je veux bien le croire.

Je ne sais pas comment rompre la glace entre nous pourtant plein de questions s’imposent à moi. Des questions dont je n’ai aucune envie qu’elles restent sans réponse. J’ai besoin de savoir à quoi il joue surtout que j’ai apprécié notre premier baiser, la saveur de ses lèvres contre les miennes. Je n’arrive pas à me retenir plus longtemps. J’ouvre la bouche pour lui parler et contre toute attente il me lance :

- Je sais ce que tu vas me dire !

- Je ne pense pas non.

- Que je ne suis qu’un salaud qui joue sur deux tableaux, mais tous n’est pas si simple.

Je le regarde... j’ai franchement de la peine pour lui mais je lui rétorque :

- Écoute Stan, tu ne pourras pas te voiler la face encore longtemps. Quand tu en auras marre de jouer la comédie à tes proches, tu pourras me rappeler.

- Attends Vince, je ne joue pas je t’assure.

- Tu ne joues pas ? Tu te fous te ma gueule ou quoi ? Tu ne peux pas m’embrasser comme tu l’as fait il y a deux semaines, et ensuite, ne plus me donner de nouvelle. Et te pointer avec une gonzesse que tu embrasses à pleine bouche devant moi. J’ai des sentiments moi aussi et un minimum d’amour propre. Tu ne peux pas agir comme si de rien n’était, on ne joue pas avec les sentiments des gens.

Son regard ne me quitte pas un instant alors que je lui exprime le plus calmement du monde, tout du moins je l’espère, le fond de ma pensée. Il me regarde l’air désolé comme s’il ne savait plus.

- Je…je t’assure que ce n’est pas ce que je voulais, mais mes parents ne savent pas. Je ne sais même pas s’ils comprendraient mes choix.

- Tes choix, mais de quel choix tu me parles, tu ne sais même pas toi même ce que tu veux.

- Je ne vois pas ce que tu veux dire.

- Tu ne sais même pas ce que tu veux, être en couple avec un homme, une femme où même les deux et là, non merci très peu pour moi.

- Il n’y a pas que ça Vince, je sais ce que je veux, mais j’ai peur… Peur du regard des gens, peur des "on dit" tu comprends…

- À dire vrai non je ne comprends pas mais ça c’est ton problème pas le mien, lui dis-je en me dirigeant vers la porte.

- Attends Vince !! Tu as raison.

Je suis abasourdi par sa réponse je ne sais plus quoi penser sur le moment ni trop quoi lui dire. J’aurai presque envie de le prendre dans mes bras. Mais non, ce serait trop facile. Je préfère lui sortir sèchement :

- Alors tu t’es dis tiens je vais m’éclater un peu, tenter une nouvelle expérience et une fois finie, passer a autre chose comme si de rien n’était. Mais à moi, tu y as pensé ?

- Oui j’ai pensé a toi et beaucoup plus que je ne l’aurais voulu.

- Écoute tu t’es bien amusé, tant mieux pour toi et tant pis pour moi, mais fous moi la paix maintenant !

- Non, ce n’est pas aussi simple et je t’assure que ce n’est pas ce que je voulais, jouer avec tes sentiments était de loin ce à quoi je m’attendais et ce que j’ai ressenti après aussi d’ailleurs. J’avais bu, je venais de me prendre la tête avec Jenna je suis sorti j’ai picolé et…

Il fait les cent pas dans la pièce, baisse la tête et se frotte la nuque. Je le sens mal à l’aise.

- Tu n’as pas besoin de me raconter, j’étais là quand j’ai voulu te ramener chez toi ce soir-là. Tu a refusé. Tu m’as demandé si tu ne pouvais pas dormir sur mon canapé, que si tes parents te voyaient dans cet état, tu allais passer un sale quart d’heure. Tu as donc continué ta beuverie chez moi, mais jamais et je dis bien jamais, je n’ai tenté quoique ce soit envers toi.

- Je le sais Vince. Je me suis sentis attiré par toi. Et ce n’est pas la première fois mais j’ai toujours refoulé ce que je ressentais je prenais ça pour une forte amitié et très franchement j’adore coucher avec des filles, mais…

- Mais quoi  ?

Je sens qu’il cherche ses mots, qu’il ne veut pas me blesser. Mais à dire vrai je me fous bien d’être blessé ou pas ! J’ai juste besoin de savoir, besoin de l’entendre me dire si oui ou non c’était une erreur. Si oui je ne chercherais même plus à aborder le sujet a quoi bon se faire du mal, mais si c’est non…

- Mais je ne sais pas en venant avec cette fille je…J’avais juste besoin de me prouver à moi-même que j’avais fait une connerie avec toi, que je n’avais pas apprécié notre baiser mais c’était faux ! Bien au contraire, j’ai apprécié notre premier baiser je l’ai même revécu plusieurs fois dans ma tête. Je n’avais qu’une envie, te retrouver. Je ne pensais plus qu’à toi et pour la première fois de ma vie je savais réellement ce que je voulais en l’occurrence toi. Je l’ai compris quand tu es parti si vite de là soirée.

- Tu as compris quoi Stan ?

Je sais que j’ai l’air con de lui demander tout cela, mais je veux qu’il le dise, je veux l’entendre le dire.

- Tu me manques Vince comme je ne l’aurais jamais cru possible, pas comme je l’imaginais, je suis venu ce soir parce que j’avais besoin de te revoir, de te retrouver.

Je le vois s’approcher de moi. Il me sert contre lui et je sens contre moi, son sexe dur comme de la pierre, son regard cherche le mien pour décrypter ma réaction. C’est plus fort que moi, son regard me transperce, mes lèvres dévorent sa bouche sans aucune pudeur, mais uniquement avec envie, ma langue rejoint la sienne et la caresse sensuellement. Nous nous retrouvons enfin surtout moi, pressé contre une table, je m’assois sur celle-ci et écarte mes jambes. Ses mains se placent en coupe sur mon visage tandis que les miennes se posent sur ses hanches. Si je m’écoutais, je lui enlèverais rapidement et même très rapidement la boucle de sa ceinture et tous ce qui va avec. Mais vu que c’est sa première fois autant prendre notre temps et savourer ce moment, surtout compte-tenu de l’endroit où nous nous trouvons je ne pense pas qu’une bibliothèque soit le meilleur lieu pour ça.

À contre cœur je relâche son étreinte et lui propose de partir non pas pour aller chez moi mais juste partir c’est là qu’il me répond :

- Je pense qu’il est grand temps pour moi d’assumer mes choix tu ne crois pas.

- C’est à toi de voir, mais je ne me laisserai pas avoir une seconde fois. Que tu l’annonces ou pas n’est pas le plus important mais si tu me refais le même coup sache que je ne t’écouterais plus.

- Je comprends, mais je sais aussi qu’il est temps que j’arrête de faire le con et de grandir un peu.

- Alors on fait quoi au final ?

- Un ciné, si ça te dit et après, je… je pense que je devrais parler a mes parents.

- Va pour un ciné, mais tu sais, les parents sont beaucoup plus compréhensifs que tu ne le crois. Ils ne cherchent que le bonheur de leurs enfants.

- Ouais bah tu connais pas les miens, au pire si ça se passe mal je pourrais toujours venir chez toi ?

- Tu perds pas le nord toi ?

- Ben non tiens ? Quitte a passé un bon moment, autant être avec toi.

FIN

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