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samedi 20 septembre 2014

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Treizième nouvelle : Un amour inattendu, de Celynn GrimmGirl

Diego de la Fuente était le digne fils de son père Carlos, le Padré du Cartel Colombien. Bien qu’il n’a jamais été d’accord avec les règles de la maison, Diego fait partie de la famille mais, il n’a encore tué personne ! Menacé oui mais tué non ! Et il pouvait se montrer très convaincant dans ce rôle.

Le Cartel, la drogue, les règlements de compte…

Quand un soir, le beau Diego aux cheveux noir de jais et aux yeux sombres, tombe sous le charme de la jolie Sofia, brune aux cheveux bouclés et aux yeux d’un bleu océan, assise seule au comptoir du pub de son meilleur ami, son cœur s’emballa pour cette charmante jeune femme aux courbes qui lui semblèrent, somme toute, parfaites.

- Mike, tu voudrais offrir une coupe de ton meilleur champagne pour cette jolie demoiselle assise seule au bar un Vendredi soir ?

- Bien sûr, tout ce que tu voudras !

Il y avait du monde au Trèfle d’or mais, il la remarqua, elle avait l’air triste. Qui avait bien pu la mettre dans un état pareil ?

Sofia était venu boire un verre dans ce pub au hasard, ce n’est pas dans ses habitudes, quand Sofia sort, elle le fait avec ses amies mais, là elle n’avait envie de voir personne. Elle avait décidé de sortir prendre l’air, quand soudain elle passa devant ce pub où jamais elle n’avait encore osé mettre un pied à l’intérieur, elle eut envie de boire ! Même de se saouler !

Mike posa la flûte devant elle et dit :

- De la part de cet homme là-bas assis à l’autre bout du bar.

Elle leva les yeux et croisa le doux regard de ce bellâtre. Elle ne réagit pas plus que ça et refusa le champagne.

Mike insista, il connaissait son meilleur ami.

- Je peux vous dire que pour le connaître depuis des années Diego ne fait pas ceci pour vous mettre dans son lit.

Alors il s’appelait Diego, elle releva les yeux aussitôt vers Mike, et lui dit :

- Vous lui direz merci à votre ami mais, je n’aime vraiment pas le champagne.

Comment ne pas aimer le champagne pensa Mike. Elle croisa de nouveau le regard de l’homme qui l’observait depuis cinq bonnes minutes.

Elle lui sourit par politesse mais le cœur n’y était vraiment pas. Elle finissait son verre de Martini Bianco et décida de rentrer, elle ne voulait parler à personne même pas à cet homme si charmant soit-il. Elle posa un billet de 20$ en dessous de son verre, prit son sac à mains et s’en alla sans oublier de regarder cet homme qui lui avait offert un verre de ce qu’elle détestait le plus… wouah d’un peu plus près, il était encore plus charmant qu’elle ne le pensait !

Elle marcha d’un pas lent sur le trottoir, il faisait bon peut-être même un peu trop lourd, ça sent la pluie songea-t-elle.

Diego l’avait vu partir, il soupira. Jamais auparavant il n’avait ressenti ce qu’il éprouvait à l’instant présent pour cette fille qu’il ne connaissait pas. Il voulut la suivre puis se ravisa, ce n’était pas correct. Il fit tournoyer le reste de son liquide ambré dans son verre. Mike le torchon sur son épaule avança vers son ami :

- Désolé mec.

- Ne soit pas désolé mais, cette fille avait l’air si triste.

- Cette jolie fille n’aime pas le champagne, tu te rends compte ?

- J’en connais d’autres qui n’aiment pas ce succulent breuvage, tu sais.

- Oh oui, ce n’est pas la seule !

Diego avala d’une traite le reste de son Bourbon.

- Tu as déjà vu cette fille auparavant ?

Mike fit mine de réfléchir.

- Tu sais, je vois beaucoup de monde mais, je m’en souviendrais si j’avais déjà vu une si jolie plante !

Diego sorti un billet de sa poche mais avant qu’il n’eut le temps de le poser sur le comptoir Mike lui lança :

- C’est pour moi, pauvre de toi.

- Haha ha, elle est bien bonne celle-là !

Il se leva tapota le chêne massif du comptoir et pointa son doigt vers lui suivi d’un clin d’œil.

- A bientôt !

- Bonne soirée.

Diego rentra dans son coupé sport, de justesse, avant que l’averse ne tombe. Il repensa à cette jeune femme. Était-elle en voiture ? A pied ? Il avança tranquillement dans la rue.

Sofia ne pensa pas que la route fût aussi longue sous la pluie battante. Elle avait bien marché avec ses hauts talons, elle était toute trempée, elle s’arrêta brusquement, décida de s’asseoir sur un des bancs qui longeait le parc. A quoi bon rentrer ? Pensa-t-elle. Je suis déjà toute mouillée ! Et je n’ai pas envie de revoir Tim ! L’homme qu’elle aimait et en qui elle avait confiance ! Et qui l’avait trahi. Les coudes sur ses genoux, elle recouvra son visage de ses mains et pleura à chaudes larmes. Il pleuvait certes mais elle s’en fichait !

Diego longea le parc et se rendit compte en attendant au feu rouge, quand ses balais d’essuie-glace envoyés la pluie valser d’un côté puis de l’autre, que la demoiselle en question était assise là sous la pluie. Mais que diable faisait-elle assise sur un banc public sous cette averse ? Quand le feu se mit au vert, il suivit son instinct continua son chemin avant de freiner brusquement. Il ne pouvait pas laisser cette personne toute seule par un temps pareil, au moins la raccompagner chez elle, pensa-t-il. Il fît donc marche arrière, s’arrêta à sa hauteur. Ouvrit la vitre électrique côté passager.

Sofia ne bougea pas d’un pouce, elle ne se rendit même pas compte qu’une voiture était arrêtée juste devant elle quand elle entendit une voix.

- Vous allez finir par attraper la grippe si vous restez là sous la pluie.

Diego avait vingt-neuf ans, c’était bien la première fois qu’il se souciait réellement d’une personne assise dans la nuit, jamais il ne se serait arrêté s’il n’avait pas croisé son regard si triste au pub tout à l’heure. Il n’était pas un gros dur mais il était surtout très persuasif et bien plus humain que la plupart des membres de sa famille.

Cette fille l’avait touché, il voulait lui venir simplement en aide.

Sofia leva le nez vers la personne qui lui parlé, elle le reconnut immédiatement, que faisait-il là ? Elle devait être affreuse, toute mouillée le maquillage dégoulinant, le nez et les yeux rouge et gonflés à force de pleurer.

- Montez je vous raccompagne.

Elle se leva, chancela sur ses talons.

- Je vais tremper votre belle voiture, dit-elle en voyant la Porsche 911 de Monsieur.

- Ce n’est qu’une voiture, elle ne va pas prendre froid, tandis que vous si !

Nous étions pratiquement à la fin de l’été, l’air été plus frais dès que le soleil ne brillait plus. Sofia se demanda si elle devait monter dans la voiture d’un inconnu qui, lui avait offert un verre quelques instants plus tôt. Elle n’était peut-être pas dans son assiette mais pas stupide pour autant ! Bien sûr que si je le suis se dit-elle à elle-même. Je le suis tellement !

- Montez je ne vais pas vous manger ! Sinon je vous laisse là toute seule au milieu de la nuit sous toute cette pluie !

Elle ouvrit enfin la porte et s’engouffra à l’intérieur.

- Merci beaucoup.

- Il n’y a pas de quoi !

Il n’avait rien dans sa voiture pour qu’elle se sèche un peu, absolument rien ! Il l’observa un instant et démarra enfin.

- Pourquoi êtes-vous toute seule au milieu de la nuit ? Et surtout sous la pluie.

- Ça ne vous regarde en rien.

Diego arqua un sourcil, elle a du répondant la petite.

- Vous avez raison mais étant donné que vous êtes dans ma voiture, je pensais que vous auriez pu me dire ce qui n’allait pas !

Elle reniflait, décidément quelqu’un avait dû la faire souffrir. Il se pencha et ouvrit la boite à gants puis lui tendit une boite de mouchoirs.

- Tenez.

- Merci.

Après un long moment de silence, elle se décida à parler la voix mal assurée.

- Je suis vraiment désolée mais je ne suis pas dans un bon jour !

Il se tourna légèrement vers elle pour ne pas quitter complètement les yeux de la route.

- Il y a certains jours comme ça, vous savez !

Il poursuit :

- Où dois-je vous déposer ?

Non pas que Diego ne soit pressé de rentrer mais, il aurait aimé savoir ou déposer la jeune femme. Les yeux rivés sur la route, il sentait son regard posé sur lui, il croisa les yeux de la jeune femme, de magnifiques yeux bleus si tristes entourés d’eye-liner dégoulinant.

- Nous avons dépassé mon appartement.

Les rues étaient désertes en ce vendredi soir mais vu le temps, c’était compréhensible que la plupart des gens ne soient pas à l’extérieur. Il s’arrêta sur le côté.

- D’accord, je vais faire demi-tour.

Sofia posa la main sur la cuisse de Diego sans se rendre réellement compte de son geste.

Il ressentit comme une décharge électrique à l’intérieur de lui.

- Je ne veux pas rentrer chez moi.

Il déglutit.

- Je peux vous déposer dans un hôtel, chez des amis, si vous voulez ?

Des larmes se mirent à rouler sur ses joues.

- Je ne veux pas rester seule, ni parler à personne, répondit-elle.

Il se demanda dans quelle galère il avait bien pu se fourrer. Ramasser une jeune femme en pleurs sous la pluie. Si c’était à refaire se disait-il, en la regardant tournoyer un morceau de kleenex entre ses doigts tremblants. Il le referait surtout pour elle.

Elle dont il ignorait encore le nom.

- Ok, je vous ramène chez moi, vous pourrez au moins vous sécher ou même prendre un bain chaud, en attendant de savoir ce que vous voulez faire. Ça vous va ? En tout bien tout honneur bien sûr, rajouta-t-il.

Elle lui fit signe « oui » sans détourner le regard de ses doigts.

Vingt minutes plus tard, ils arrivèrent chez Diego. Il appuya sur un bouton d’une télécommande à distance, une immense porte rouge monta puis il s’engouffra dans une sorte de garage, gara sa voiture à côté d’autres modèles tout aussi prestigieux…Il descendit de voiture et alla ouvrir bien galamment la porte de sa passagère. Il lui tendit sa main qu’elle prît bien évidemment, une fois debout, elle tournoyait sur elle-même. Il faisait sombre mais elle aperçut à la lumière des néons que la résidence de cet homme, était imposante.

Diego habitait dans ce qui ressemblait à une ancienne usine tout de brique rouge avec de grandes fenêtres.

- Suivez-moi.

Elle le suivit sans dire un mot, elle tremblotait encore. Tous les deux se dirigèrent vers l’unique ascenseur de l’immeuble. Un peu engourdie, Sofia se demanda où elle allait avec cet homme dont elle ignorait tout !

La porte s’ouvrit sur un immense espace ouvert, des murs bruts, les mêmes que ceux de la façade, du bois, du verre... L’ambiance était sympa, le tout décoré avec style. L’appartement était vraiment très beau.

Elle ouvrit enfin la bouche.

- C’est vraiment sublime chez vous.

- Merci dit-il simplement. Voulez-vous boire quelque chose ou prendre d’abord un bain chaud pour vous réchauffer ?

Elle hésita. Il prit lui-même la décision.

- Je vais vous faire couler un bon bain, venez.

Diego monta les marches pour aller au niveau supérieur, là où se trouvaient les chambres et les salles de bains. Elle le suivit. Il alla dans la chambre d’amis puis dans la salle de bain attenante, ouvrit le mitigeur.

- Vous trouverez des serviettes dans le meuble, ici dit-il en lui désignant l’objet tout en bois de bambou. La salle de bains était décorée dans une ambiance Zen.

- Merci beaucoup mais, pourquoi faites-vous tout ça ?

- Vous ne vouliez pas rentrer chez vous, je me voyais mal vous laisser dans la rue sous cette pluie qui n’arrête pas ! Ce n’est pas mon genre.

Il arrêta le robinet.

- Désolé pour le champagne tout à l’heure mais je n’aime pas ça, dit-elle en regardant le sol.

- J’ai bien cru comprendre.

- Prenez votre temps, je serai en bas.

Diego se demanda bien ce qu’il allait lui donner comme habits de rechange. Il se rappela que sa sœur avait laissé quelques vêtements quand il l’avait hébergée, il y avait de cela quelques mois. Ils devraient être à sa taille, elles ont l’air d’avoir la même corpulence. Il sortit le carton du placard et le posa sur le plancher de la chambre d’amis.

Près d’une heure plus tard, Sofia descendit les marches et rejoignit Diego dans la cuisine. Elle avait déjà meilleure mine.

- Merci pour les vêtements.

- Ils vous vont parfaitement.

Pour toute réponse, elle lui sourit tout en se demandant à qui pouvait bien appartenir ses vêtements. Cet homme lui semblait célibataire ou du moins il ne vivait pas en couple d’après la décoration masculine. Aucune touche féminine dans cet appartement.

- Serait-il possible de savoir le prénom de la femme qui a utilisé ma salle de bains ? Asseyez-vous, dit-il en désignant les tabourets de l’îlot.

Ce qu’elle fit.

- Je m’appelle Sofia.

- Enchanté Sofia, moi c’est Diego.

- Merci pour ce que vous faites Diego.

- Plus de merci pour ce soir, s’il vous plaît.

Il s’était servi un verre de vin pendant qu’elle se réchauffait dans son bain, il lui tendit un verre qu’elle prit avec plaisir et qu’elle porta aussitôt à ses lèvres.

Elle avait des lèvres parfaites pensa Diego, une bouche sensuelle qu’il aurait bien envie de dévorer.

Elle ne portait rien d’autre qu’un bas de jogging et un t-shirt qui laissait apparaître une poitrine ferme, il pouvait même voir pointer ses tétons. Il en eut l’eau à la bouche.

++++++++++

Depuis cette fameuse nuit il y a déjà trois mois, Diego et Sofia filaient le parfait amour, toujours ensemble dès que le moment s’y prêtait, le travail de Diego au sein de la famille était de plus en plus lamentable, son père Carlos s’en plaignait constamment. Il n’appréciait guère Sofia même s’il ne l’avait jamais rencontrée ! Et il le fît savoir à son fils. Il lui demanda de faire un choix entre cette fille étudiante en journalisme et sa famille.

Diego savait au fond de lui qu’aucun choix n’était réellement possible. Le Cartel est une famille et rien d’autre n’est réellement important surtout si le chef en a décidé autrement ! Il choisit son amour plutôt que la famille pour le moment. Il savait que son père voulait qu’il lui succède mais, il aurait préféré tenir un restaurant, il excellait dans le domaine de la cuisine, il avait comme projet d’ouvrir un restaurant plutôt que de devenir le chef du Cartel. Un mois passa après cette discussion entre les deux hommes, Carlos ne supportait plus cette relation. Il aimait plus que tout son fils mais il n’aimait pas les opportunistes.

Alors il lui posa un ultime ultimatum ! Il invita son fils au restaurant, le restaurant familial de la famille De la Fuente.

- Si tu ne choisis pas ta famille fils, je ferais le nécessaire pour que cette fille ne plaise plus jamais à quiconque !

- Papa, tu ne peux pas faire ça, j’aime cette fille !

Carlos savait très bien où menait l’amour. Il avait aimé autrefois, on lui avait pris le sien, il pourrait faire la même chose avec son fils ! Avec son unique fils ! Pourrait-il seulement ?

- Elle est journaliste, elle se joue de toi, elle veut seulement des infos ou autres sur notre famille. Ouvre les yeux Diego !

Il détestait plus que tous les opportunistes et surtout les journalistes pour lui leurs infos étaient toutes fausses, inventées de toute pièce.

- Elle ne l’est pas, elle est encore étudiante ! Et ne sait rien de nous.

Il avait le plus profond respect pour son père, il réfléchit un instant.

- Mais un jour, elle le sera Fils, crois-moi quand ce moment sera venu il sera trop tard !

A la fin du repas, Carlos bu son café. Son fils l’observait.

- Papa, je ne veux pas reprendre les rênes.

- La, n’est pas la question, je veux que tu quittes cette fille !

- Je suis un adulte désormais, je n’ai plus besoin qu’on me dise ce que je dois faire ou non de ma vie.

Carlos regarda par la fenêtre, il ne voulait pas perdre son fils pour une fille, s’il donnait des ordres, cette fille ne serait plus un obstacle entre son fils et lui mais, il perdrait son fils à coup sûr.

- Je dois te laisser, j’ai un rendez-vous des plus importants ! Il étreignit son fils puis quitta le restaurant. Il l’observait monter dans sa grosse voiture noire avec chauffeur.

Diego savait que son père pouvait être très, très convaincant, il ne voulait pas le décevoir, il savait aussi que ce n’était pas un tendre quand il s’agissait des affaires familiales. Il avait vraiment peur pour Sofia, il avait déjà vu son père donner de tels ordres ! Il en était capable que ce soit son fils ou non ! Son téléphone sonna, ce qui le sortit de sa rêverie. C’était Sofia, il ne répondit pas. Il ne savait plus que faire à cet instant précis. Il s’en alla du restaurant, prit sa voiture de sport, il ne savait pas où aller mais il ne rentrerait pas chez lui. Après quelques kilomètres il s’arrêta au bord d’une route, il regarda le soleil se coucher dans le lac, il avait passé plusieurs heures à réfléchir. S’il devait protéger Sofia, il devait la quitter. S’il aimait vraiment il devait la quitter. Mais malgré cela, il ne reprendrait jamais la suite de son père, il en était hors de question ! Il entra dans le pub de Mike son meilleur ami, l’air dépité.

- Salut Mike, donne-moi un Whisky s’il te plaît ou plutôt donne-moi la bouteille.

Mike comprit tout de suite que quelque chose n’allait pas.

- Toute suite.

Sur son IPhone, il remarqua plusieurs appels de Sofia, il se mit à boire pour se donner du courage pour la quitter, pour obéir encore à son père mais cette fois-ci serait la dernière ! Il pleura en entendant son message d’inquiétude, la dernière fois que Diego avait pleuré c’était le jour de la mort de sa mère. Mike ne savait pas quoi faire, il était au courant des affaires familiales depuis tout gosse mais, il préféra ne pas s’en mêler.

Arrivé chez lui, il trouva Sofia dans son canapé, il déglutit en la voyant s’approchant mais comment…Il en avait mal au ventre.

- Que se passe-t-il ? Tu es ivre ? Quelque chose de grave est arrivé ?

- Oui… euh non, dit-il en souriant.

- Pourquoi ? En marchant vers lui. Je ne comprends pas !

Il recula d’un pas.

- Ça ne te regarde en rien, ou si tout a à voir avec toi en fait !

Il était ivre et allait dire n’importe quoi. Il prit une grande respiration, regarda par la baie vitrée, fit volte-face :

- je veux que tu quittes mon appartement, heureusement il y a pas grand-chose à toi ici.

- Quoi ? Mais pourquoi ?

Sofia ne comprenait rien, les larmes lui montaient aux yeux, ça recommence pensa-t-elle. Il n’était certes pas dans son état normal mais de là à vouloir rompre avec elle !! Elle n’avait vraiment pas de chance avec les hommes.

Il passa sa main nerveusement dans ses cheveux et dit :

- Je ne t’aime pas Sofia, je ne t’ai jamais aimé ça fait un moment que j’y réfléchis mais je n’ai jamais trouvé le courage pour tout avouer, j’ai eu pitié de toi il y a quatre mois dans la rue et depuis, je ne sais plus comment faire pour me débarrasser de toi.

- Tu ne penses pas ce que tu dis, tu es ivre.

- Crois-moi je sais parfaitement ce que je dis ! Cria-t-il.

Bien sûr tout était faux.

Elle eut un sursaut puis folle de rage, ses larmes se mirent à couler le long de ses joues, elle prit tout ce qu’il y avait autour et balança tout par terre. Elle avança vers lui et le poussa de toutes ses forces contre l’îlot.

- Il y a une autre femme c’est ça ? Avoues-le c’est pour ça que tu ne répondais pas à mes appels tout à l’heure ? C’est pour ça aussi que tu ne me dis pas ce que tu fais quand tu rentres ? Que tu arrives très tard quand on a rendez-vous ensemble ? Je ne sais rien sur toi Diego, je n’ai jamais rencontré ta famille, rien de rien alors que toi tu sais tout de moi.

Sur ceci elle n’avait pas tort, il n’avait pas le droit de lui dire ce qu’il faisait. Il ne répondit rien, tout simplement parce qu’il ne savait pas quoi dire, il la regarda prendre ses affaires. Quand soudain elle stoppa devant lui et lança en pleine face :

- Tu n’es qu’un lâche et dire que pendant tout ce temps j’étais amoureuse…d’un lâche.

- Sofia…

- Je n’ai plus rien à te dire, je m’en vais et tu ne me reverras plus jamais ! Elle claqua la porte !

Il resta sans bouger pendant un moment le regard dans le vide.

Diego De La Fuente ne rattrapa pas l’amour de sa vie, pourtant il en mourrait d’envie. Il ne pleura pas comme une fille, il en était pas une ! Mais il en avait vraiment envie. Il voulait courir après elle mais ne le fît pas. C’était pour sa sécurité. Hors de lui, il avait envie de taper, il descendit dans sa salle de sport privée pour frapper dans son sac de boxe.

Il resta cloîtré chez lui pendant des jours. Ne donnant de nouvelles à personne, n’allant surtout pas dans sa famille… ni voir son meilleur ami Mike.

Pendant ce temps Carlos De La Fuente, s’inquiétant pour son unique fils prît des renseignements, fît une enquête sur la jeune femme que son fils aimait plus que tout. Il ne vit rien d’alarmant, elle était issu d’une bonne famille. Il sut par ses sbires quelle ne sortait pas plus que son fils, elle restait elle aussi enfermée chez elle. Il regretta d’avoir imposé son choix à son fils, il le regrettait tellement. Il décida d’appeler cette Sofia, de la rencontrer en personne.

- Vous savez, il est vraiment mal en point, il ne veut plus parler à personne, ni même à moi, dit-il à Sofia en buvant un soda.

- Je suis ravi de l’entendre parce que c’est lui qui nous a fait du mal.

Elle ne pensa bien sûr pas un traître mot, elle l’aimait encore.

- Je sais.

En réalité, Carlos savait qu’il était le seul à blâmer dans cette histoire. Il lui vint une idée.

- Aimeriez-vous le revoir ? L’aimez-vous vraiment ?

- Plus que tout.

- Alors je vais vous aider.

S’il voulait retrouver son fils, il le fallait.

- A quoi ?

- Vous verrez. Venez.

Carlos avait du mal à croire ce qu’il venait de dire, mais son fils était plus important que tout. Il ne voulait plus que son bonheur désormais surtout que ses jours étaient comptés. Ce jour-là, ses sbires lui dirent que Diego était parti boire un verre chez Mike, il en profita pour emmener Sofia chez Diego puis appela Mike au pub pour lui avouer son stratagème.

Mike s’approcha de Diego avec le téléphone.

- Diego ?

Il leva son nez vers son ami.

- C’était ton père, je crois qu’il est chez toi et qu’il va très mal, comme tu ne réponds plus à personne, il voulait savoir où tu étais.

Diego se leva brusquement l’air inquiet.

- Pourquoi chez moi ?

- Je ne sais pas pour te parler je suppose, fonce.

Ni une ni deux il sortit, démarra en trombe.

Chez Diego le spectacle allait bientôt commencer.

Quand il rentra chez lui, Diego vit son père en charmante compagnie, il allait très bien, il rigolait même avec Sofia. Il ne comprenait pas ce qu’il se passait dans sa cuisine.

- Papa ? Tu vas bien ? Mais…

Il regarda vers Sofia qui baissa les yeux un instant.

- Je vais très bien, comme tu ne voulais plus me voir j’ai fait semblant que tout allait mal pour que tu te décides enfin à me voir, j’ai contacté Sofia, je voulais la rencontrer.

Il tira son père par le bras, et l’emmena dans l’entrée.

- Qu’est-ce-qui va pas avec toi ? A quoi tu joues ? Tu m’as dit de la quitter et là je te retrouve dans ma cuisine entrain de rire de bon cœur avec elle ! Dit-il en chuchotant.

Il prit son fils dans ses bras.

- J’ai revu mes priorités et je suis vraiment désolé pour tout ça fils, je me suis vraiment trompé à son sujet, elle me semble très bien pour toi cette petite.

Diego regarda son père d’un air ahuri.

Sur ce il se dirigea vers la cuisine, prit son manteau, fit un clin d’œil à Sofia puis s’éclipsa aussitôt.

- Cette fille t’aime, ne gâche pas tout, au revoir.

Carlos claqua la porte. Diego revint dans la cuisine. Il déglutit avant de se lancer.

- Je suis vraiment désolé de ce que j’ai pu te dire, je ne pensais pas un mot tout ça.

Sofia le regarda attentivement.

- Alors pourquoi ? Tes mots m’ont fait très mal, tu sais.

Il ne le savait que trop bien, jamais il n’aurait dû.

- Je sais, j’en suis vraiment navré, je ne sais pas ce qui s’est passé ce soir-là dans ma tête.

Je crois que j’ai peur de te perdre, alors j’ai tout foiré.

Il fit le tour de l’îlot et prit ses mains chaudes dans les siennes, les embrassa. Il croisa le regard de Sofia et vit la même étincelle dans ses yeux, la même que ce soir-là quant au milieu de la nuit elle était venue se glisser nue dans ses draps pendant la tempête.

Sofia se leva, mit ses mains autour de son cou et posa ses lèvres sur les siennes. Elle l’aimait.

- Je suis tellement désolé.

- Je le sais mais ne le sois plus, montre-moi seulement combien tu m’aimes Diego parce que je sais que tu m’aimes.

Il la prit dans ses bras puis monta l’escalier pour l’emmener dans sa chambre comme ce soir-là, il lui ferait l’amour toute la nuit.

Il ferma la porte comme si il avait peur que quelqu’un vienne les interrompre. Face à face dans la pénombre de la chambre, il la regarda avec les yeux de l’amour, il avait envie d’elle, elle lui avait terriblement manqué pendant ses jours qui n’en finissaient pas. Il fit glisser la fermeture éclair de sa robe sans la quitter des yeux. Le souffle de Sofia s’accéléra, elle déboutonna son jean, retira son tee-shirt puis son boxer.

Elle l’attira à lui, elle voulut le sentir contre elle, il lui avait tellement manqué. Diego dégrafa son soutien-gorge, il tomba au sol avec sa robe et ses vêtements à lui. Il s’agenouilla comme pour faire une prière, la prière de l’amour, la prière de ne plus la quitter et de la rendre heureuse. Il embrassa son nombril puis, fit glisser enfin la culotte en dentelle.

Diego la reprit dans ses bras et l’allongea dans son lit.

La nuit promet d’être très belle et magique pour ses deux amoureux que plus rien ne séparera.

Ce qui se passa ensuite dans cette chambre, ne regarda qu’eux. Quelques mois plus tard, Diego ouvra son restaurant et l’appela « So » en hommage à son grand amour car il filait le parfait amour avec Sofia, Carlos prit sa retraite au sein du Cartel, donna les rênes à son neveu Pedro.

FIN

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