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jeudi 25 septembre 2014

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Le dernier banquet, de Jonathan Grimwood


Date: 3 septembre 2014
Collection:
Edition: Terra / Nova
Genre: roman historique
Prix: 20,00 €

Présentation de l’éditeur

Un enfant crasseux mange des scarabées à côté d’un tas de fumier, il a cinq ans et ses parents sont morts. Il s’appelle Jean-Marie Charles d’Aumout et c’est un noble sans le sou qui va connaître un destin exceptionnel. Dans la France du XVIIIe siècle, l’orphelin devenu cadet à l’Académie militaire va, grâce à un mariage, grimper les échelons de la société. Soldat, diplomate, espion, amant : Aumout est tout cela à la fois. Sa vie est remplie de passion et d’intrigues, mais cela ne lui suffit pas. Il n’a qu’une seule obsession : l’art culinaire qu’il porte à son paroxysme. Alors que la société agonise sous les coups de la Révolution, tel un alchimiste prêt à toutes les expériences, Aumout cherche le goût parfait, absolu. Mais en cuisine, pas plus qu’en politique, la perfection n’est de ce monde...

Avis de Marnie

Dans cette façon de raconter le destin, la grandeur et la décadence d’un homme qui se marie dans la noblesse, au-dessus de sa condition, nous pensons surtout au film de Kubrick, Barry Lyndon. S’il n’y a pas de vraie similitude entre ces deux héros, le traitement analytique, froid, plein de retenu où le souffle et la passion sont volontairement effacés, est identique. Le roman commence en 1723, alors que Jean-Marie a 5 ans... alors qu’il mange des scarabées pour survivre.

Cette nourriture "différente" le mènera en haut de l’échelle sociale, côtoyant même certains des grandes esprits de l’époque, et si le vent de la révolution commence à souffler, et peu à peu se transforme en tempête, Jean-Charles vit une existence avec ses amours, ses tragédies, ses péripéties, gentleman farmer courtisan ou espion au gré de ses pérégrinations. Le rythme est enlevé, les péripéties s’enchaînent et si notre héros comme tous les autres personnages nous paraît sympathique, la retenue de l’auteur empêche de nous les rendre attachants.

En fait, Jonathan Grimwood choisit le récit picaresque, mais à l’anglaise. Ses amis sont de la noblesse, mais aussi ceux qui feront partie du Tiers Etat... Comme fil rouge, ses recettes de cuisine dont il est passionné avec excès, où l’on trouve les mille et une façon d’accommoder des viandes que nous pourrions parler pour nous de non comestibles. La nourriture "différente" l’a sauvé... et elle sera celle qui le guide d’une façon ou d’une autre dans son ascension. C’est de là que vient l’originalité du récit qui flirte du côté de très célèbres romans anglais, comme Moll Flanders ou Tom Jones.

Nous sommes très loin du très dérangeant "Parfum" auquel il est comparé sur la quatrième de couverture. Rien que pour le style emprunté à ces grandes œuvres, et que se réapproprie avec intelligence et talent Jonathan Grimwood, il faut tenter cette aventure. Vous verrez, aucun ennui avec ce récit alerte et ce style plein d’aisance... juste un manque de passion, un manque de sentiment...

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